lundi 27 août 2012

le Golfe dans tous ses états

Fin de la première partie des vacances . 


Nous avons montré la mer à Mimosa (3 ans)  : il y avait une tempête, mon cerf volant a refusé de s'élever plus haut que 2 mètres, puis a brutalement décidé de faire sécession et on m'a vu le poursuivre à l'autre bout de la plage. Puis j'ai passé le reste de l'après midi à défaire les noeuds. 
Comme je suis du genre acharné (surtout pour les cerfs volants) je me suis promis de recommencer.


Le lendemain est le jour de la désormais classique ballade en bateau sur le golfe ensoleillé : il me faudra encore une dizaine de ballades pour connaitre et reconnaitre les îles par coeur. Je jette un coup d'oeil nostagique à Berder où j'ai plein de souvenirs heureux et délirants. Mimosa crapahutait partout dans le bateau, faisait des caprices...: trois adultes, dont une maman chagée d'un bébé(Ptite Nana) pour maitriser le nain c'était juste suffisant.
Claire est repatie avec Mimosa et Ptite Nana. La maison est calme : on écoute France Musique. J'ai terminé arab jazz.
Je sêche lamentablement sur le texte d'anniversaire pour notre copain Philippe et pas l'ombre d'une idée de cadeaux. Gabrielle se dit persuadée que je trouverai ...et plus le temps passe, et plus je me désole de mon manque d'inspiration. 
Un autre ami est venu nous rejoindre : chaque année nous recréons en quelque sorte une mini communauté de l'Escale dans ce coin de Bretagne.
Nous devrons peut être attendre l'an prochain pour retourner à Houat notre ile préférée.
Nous sommes retournés au temple du kouign aman et des chocolats ; j'ai été raisonnable : je me suis contenté de prendre des photos.


A midi, nous pique niquons sur la plage face à l'entrée du golfe puis sieste lecture et cartes postales.
Je commence Chroniques de Jerusalem de Delisle 
 et journal d'un corps de Pennac  avec quelques pauses de jeux de lettres ou de logique de Perec.  








Je livre cet article  inachevé avant déconnexion 
bon courage à ceux qui travaillent ...
z

 
 


samedi 25 août 2012

les vacances de monsieur Zigmund

En réponse à la consigne #208  du défi du samedi 









 
chers amis 
Vous allez dire que je ne me suis pas foulé pour cette consigne ...
Sachez que ce fut dur, une fois l'idée venue pour  réaliser la photo compte tenu du vent et des ombres, puis choisir la photo...
et surtout arriver à trouver une connexion internet.
Granit et internet ne font pas bon ménage
je me retrouve donc comme l'an passé assis sur un muret de granit, mon portable posé sur la poubelle du port avec le soleil qui m'empêche de lire sur mon écran
 (j'oubliais : le manège pour enfants diffuse du Mike Brant ,Adamo ou les Poppy's)
bien sûr pour les commentaires sur les autres participations c'est pas gagné 
je me sauve ...
bien amicalement à tous 
Zigmund 
.
les rejets sont là (outre les livres je suis incapable de jeter les photos sauf les très nazes)
 ---
-
Et l'oiseau du petit chantier =  Ginette s'est envolé  pour rejoindre son copain le héron 

jeudi 23 août 2012

le Golfe tranquille (2012)



Tout est réuni pour la carte postale annuelle : le soleil sur la mer , les bateaux, les derniers vacanciers...
 Je  m'exile sur le port pour avoir des chances de me connecter à internet. c'est le seul endroit où je suis sûr que ça passe. Je m'assois sur le muret face au port et je pose mon ordinateur sur la poubelle qui sert de table ...pas classe mais confortable... on touche le fond là ! (si un psy qui passe par là, je le laisse commenter mon rapport aux tables...).
Ici personne ne me connait ou presque... je passe juste pour un vieux geek fada.
Nous avons retrouvé nos amis, repris nos habitudes dans l'étroite petite maison blanche.  Nous n'irons plus manger d'huitres  chez Myriam qui a vendu le petit Chantier.  
Le Mane Elisabeth est en réparation donc pas de tour du golfe à son bord pour cette année.
J'ai emporté quelques devoirs de vacances : 
- le defi du samedi qui nous propose pour la consigne #208 cette photo comme point de départ 
-un texte ou une chanson  que je n'arrive pas à écrire pour l'anniversaire d'un copain à produire dans 8 jours. Toutes idées bienvenues à partir des données suivantes : Philippe  /chapeaux  /architecture /Maroc/ Hundertwasser /Sacrada familia/trente ans...
-un texte sur le thème "orange" pour le groupe Lu Si et caro carito  également pour dans huit jours...
La consigne m'a occupé l'esprit le premier jour et on m'a vu arpenter les rues à la recherche de la photo idéale à envoyer au défi. Ma réponse a été envoyée hier grace à la connexion sur le port ; les rejets seront publiés en même temps que paraitra ma réponse. Ceci est la bibliothèque pour 8 jours de vacances : 

 rassurez vous  : quand je ne prends pas de photos farfelues avec les livres, je  les lis 
 

dimanche 19 août 2012

Quatre ans déjà

ce post fait écho à celui d'une consoeur Dr Millie qui fête le premier anniversaire de son blog
journal de bord d'une jeune MG de Seine Saint Denis 
 
Le Rhinocéros qui occupe pas mal de mes soirées vient de passer ses quatre ans.
Je me souviens qu'au début il n'était qu'un test écrit dans le but de créer un site sur le Tai Chi qui fut finalement(et heureusement) crée par d'autres.
Je me souviens qu'à cette époque mes deux fils étaient partis crapahuter en Mongolie, faire ce voyage dont je rêvais depuis toujours. Grand Fils voulait oublier un gros chagrin d'amour et jouer de la musique là bas. Fils n° 2 avait suivi, et content (mais inquiet) qu'ils voyagent, j'avais volontiers financé une partie du périple.





Je me souviens des origamis que je déposais sur ma Table en pensant à eux et  de mon addiction croissante à internet en attendant qu'ils s'approchent d'un cyber café et me donnent des nouvelles.
Je me souviens de Berthoise qui fut la première internaute "inconnue" à déposer un commentaire. Les autres ont suivi : défiants du Samedi,  puis les confrères quand certains de mes billets ont raconté mon vécu de médecin et d'ophtalmologiste.
Je garde rancune aux médecins qui ont un  jour utilisé trois articles de ce blog pour poser des problèmes à un ami. Je me souviens de quelques critiques dures venues de mon propre camp...Issu d'une éducation non chrétienne, je n'ai pas intégré les notions de pardon ou d'oubli. 
 Je me souviens qu'au départ j'avais simplement voulu que ce blog soit un contact avec ma famille ou mes amis lointains. Comme dans la vraie vie, peu m'ont rendu visite...Mais pour compenser la peine générée par cette indifférence,( sans doute due au manque de temps), de nombreux internautes passaient tous les jours ou presque pour prendre de mes nouvelles et je faisais mon possible pour leur rendre la pareille.
Les citer tous prendrait une page entière de ce blog : ils sont cités pour la plupart dans les liens à droite.
 (j'espère que je n'ai oublié personne)
Je me souviens de l'été Zoe Shepard et je n'ai jamais regretté mon engagement à ses côtés pour la liberté d'expression. Mon seul regrêt est la disparition de son blog : éloge de la pipeautique, qui était plus spontané et plus drôle que le livre.(lequel est bien quand même).
Et puis il y a eu les problèmes de santé de Pa  puis de Ma Zigmund, ceux de Myriam, ma cousine et ceux de son père... tout ça n'est pas réglé bien sûr, mais j'ai apprécié les marques d'amitié et de soutien des internautes à chaque fois que j'envoyais un billet angoissé à leur sujet.
Protégé par un anonymat bancal et forcément relatif, j'ai exprimé haut et fort(pas tant que ça finalement...) quelques opinions politiques, en évitant l'agressivité brute.
En même temps, j'ai souhaité m'impliquer dans la défense de l'ophtalmologie médicale et chirurgicale (déjà faire comprendre que "l'ophtalmologie ce n'est pas que les lunettes" mais que c'est important que les lunettes passent par l'ophtalmo).
Conscient de ma disparition professionnelle ineluctable, (le seul mot de "retraite" me fait frémir, disait mon patron) j'ai voulu partager avec mes amis médecins certaines réalités médicales ou non  du quotidien d'un ophtalmologiste.
Il y a eu aussi quelques cartes postales, quelques tentatives littéraires, quelques découvertes musicales, voyages, expériences,  que j'ai eu plaisir à écrire, partager.
Quatre ans... et de plus en plus de temps passé ici, sur vos blogs, sur twitter, (très peu sur fesse bouque) 
non ce n'est pas du temps perdu  :
j'ai déjà écrit que ce blog me revenait moins cher qu'un psy,
j'apprends énormément au contact des confrères (l'un des médecins blogueurs a d'ailleurs écrit que les blogs médicaux sont parfois bien plus utiles à notre formation que les FMC officielles )
j'apprends aussi bien sûr des interventions et des billets de tous mes amis non médecins.
Et certains oseraient dire perte de temps ?
Je pars bientôt en vacances et en plus de ma bibliothèque qui me suit partout, vous venez avec moi ...tous !
Qui a dit addiction ?Z


 
 

samedi 18 août 2012

Atlas Voyage en ophtalmologie : le cristallin et la cataracte



Le cristallin est cette lentille biconvexe située derrière la pupille.(si ce billet trop médical vous rebute cliquez sur ce lien  musical)
Jeune  il est transparent.
Vieux il s'opacifie progressivement et se transforme en cataracte. 

La cataracte apparaît le plus souvent après 65 ans, elle fait partie du vieillissement normal de l'oeil. On ne vieillit pas sans rides, on ne vieillit pas sans cataracte.
Si à 80 ans on n' a pas de cataracte c'est qu'on a raté sa vie.
 La cataracte, ça s'opère, il n'y a pas d'autre solution.

Autrefois les labos nous "vendaient" des collyres ou des comprimés censés ralentir la cataracte... Peu d'entre nous y ont cru ("et la marmotte...") parfois nous en prescrivions  pour plusieurs raisons :
-avant l'arrivée des implants, la décision d'opérer était compliquée par l'obligation de mettre (dans la majorité des cas) de gros verres convexes compensant le cristallin perdu et pour équilibrer les deux yeux, il fallait opérer les deux yeux à peu d'intervalle. De plus l'intervention se pratiquait sous anesthésie générale ce qui n'était pas évident chez des patients âgés.
-ces "médicaments parfaitement inefficaces" contenaient des vitamines, les collyres permettaient d'hydrater des yeux secs, et les patients étaient  suivis régulièrement puisqu'ils venaient "pour leur renouvellement".(de tout temps les ophtalmologistes ont été surbookés donc ces prescriptions étaient rarement liées à un désir de multiplier les consultations mais plutôt à un souhait de leur faire comprendre l'intérêt d'un suivi annuel , important après 65 ou 70 ans-ceci dit sans faire d'angélisme-)
Puis, il y a une trentaine d'années, est venu le temps des implants
  -d'abord en chambre antérieure  

  - puis en chambre postérieure    

La chirurgie de la cataracte a énormément progressé.Elle se fait sous anesthésie locale ou topique(=par collyre).
Si elle semble simple, elle n'est pas évidente, et elle exige des gestes précis et minutieux.
Le microscope opératoire amplifie  sans pitié le moindre tremblement.(faut pas fumer et pas boire !)
A la SFO, je me suis amusé sur une machine qui permet de s'exercer à cette chirurgie : à force d'aides opératoires, de visionnages de films, j'avais l'impression que je pourrais ... Déjà il a fallu maîtriser le parkinson induit par le microscope puis j'ai compris que le geste de découpe de la capsule n'est pas un long fleuve tranquille.
(ce lien plutôt destiné aux médecins montre une intervention en vidéo, ne cliquez pas si vous craignez d'être impressionné, pourtant c'est moins flippant que les actualités à la télé.) *.
Et le laser direz vous ? Ben il existe et nous l'avons rencontré. Pour l'instant on n'opère pas vraiment la cataracte au laser...il se développe actuellement un laser (femtoseconde) qui permet une meilleure découpe de la capsule...ça vaut une fortune, ça oblige à travailler dans 2 blocs opératoires successivement  et la suite de l'intervention reste encore dans les mains du chirurgien.
A l'heure actuelle, personne n'opère une cataracte d'un coup de laser"vitefait sur le gaz".
Mais...

après quelques mois ou années la capsule postérieure laissée en place s'opacifie "comme une deuxième cataracte" et là, un coup de laser yag règle le problème. 

un autre lien musical pour récompenser ceux qui ont tenu jusqu'au coup de laser final
*chers collègues ophtalmos qui passeriez par ici si l'un d'entre vous a un lien plus sympa de vidéo cataracte pas trop long pas trop "pub" je suis preneur.
z

ordre et beauté ...

 Ce billet sera le pendant du  post précédent assez  aride pour les non médecins. Le cristallin et la cataracte ne sont pas la tasse de thé de chacun.
Au cas où certains l'ignoreraient encore, ordre et beauté ne sont pas des valeurs primordiales à l'Escale. J'en ai déjà parlé là.
Compte tenu de notre  philosophie de vie,  le jardin "à la française" n'a pas notre préférence. Tout juste s'il ne génère pas une sourde angoisse...Une photo du petit jardin de l'Escale(reflet d'une certaine Table ici récurrente) permet de mesurer nos talents de jardiniers.  


Allez savoir pourquoi ce château et ses jardins récemment visités nous ont tant plu...Peut être parce qu'au milieu de cet univers bien ordonné, où rien ne dépasse, se détache un jardin de folie : le jardin du soleil.Le mieux est bien sûr de visiter... 








Je vous laisse vous y  promener ...
 
   
Z

mercredi 15 août 2012

Enfin !


Ce post fait suite à mon délire récurrent sur la Table  
Bon ça c'était histoire de rassurer les membres de ma famille qui s'égareraient ici quoique ils trouveront encore que cette table est en désordre !
 Je prépare pour bientôt une suite pour l'Atlas -voyage en ophtalmologie (sur la cataracte et peut être un sur l'angle irido cornéen). Je prépare aussi les bagages pour les vacances.
La bibliothèque remplit une valise à elle seule !  
Et je sais que si je lis la moitié de ce que j'emporte ce sera une grande victoire.
Vous qui me lisez -ou pas- sachez que je vous en veux un maximum parce que coincé devant cet écran je prends du retard à lire les livres posés sur ma table de nuit.(enfin table de nuit est abusif vu que les livres à lire en priorité sont posés en tas près du lit vu que le cube suedois est déjà plein des autres livres à lire aussi de préférence avant de rendre l'âme.
Donc voilà, maintenant,  mon addiction aux livres se double d'une addiction à vos blogs ou écrits ; sachez que  je ne vous remercie pas !!! :-)
Voici les derniers coupables "nominés"(je déteste ce mot)
-M2K qui revient sur la toile avec un nouveau blog de plus près
-l'ami genou des alpages qui ouvre une discussion sur la rémunération des médecins : paiement à l'acte ? salariat ? capitation ? je partage son analyse
-ce billet du Dr V sur l'addiction à internet 
-Joye qui propose des consignes intéressantes à traiter ensemble ou séparément sur un mot une image une citation 
-un appel à textes sur le site "autour du court ".
Avant d'aller me plonger dans un bouquin, un vrai en papier,  je vous soumets ainsi qu'aux confrères ophtalmologistes qui ne l'auraient pas vu passer cet article du Canard enchainé qui explique assez bien  le "duel" Lucent*s versus Avast*n.
Car  je pense qu'il faut que la bêtise (ou pire) des décideurs qui favorisent l'un et interdisent l'autre reste dans les mémoires de ceux qui un jour ne pourront plus lire peut être à cause de ce genre de décision. 


 
  
 z



dimanche 12 août 2012

Table ma Table

    
 Traduction en langage Escalator 
(écrit juste avant de me présenter aux urgences psychiatriques comme patient, cette fois...)
 
 
Table ma Table
Table ô ma trop grande Table
Où règnent en maitre les papiers fous ouh ouh ouh !
Grande table obsédante pleine de tout ouh ouh
 
Table ma Table
Mauvaise conscience,  et fourre tout
Où trainent les lettres et les sous ouh ouh
Grande table où s'étalent les matous ouh ouh 
 
Table ma Table
Certains y posent des vieux bijoux
D'autres  y déposent des joujoux ouh ouh ouh
Les matous y laissent quelques poux ouh ouh 
 
Table ma Table
Pas de choux ni de gros  cailloux
Et sont exclus tous les hiboux ouh ouh ouh
Mais moi je suis sur les genoux ...ouh ouh
 
bon si je ne fais pas un effort je vais au devant du courroux des autres Escalators...
 je vous laisse ...avec une video pour me motiver ...


   
PS que personne ne se vexe du détournement de ces chansons  je sais qu'il est des combats plus importants que cette foutue table 
z

samedi 11 août 2012

les fesses à l'air ...et le reste

Dans le sillage de divers billets dont les principaux sont :
Dignité : mes fesses ! de leyamk 
Et chez vous comment ça se passe ? de Farfadoc 
et Striptease 2 de Gélule
une pétition a été lancée qui a recueilli rapidement plus de 9000 signatures.
Les médias s'en sont emparé...
La Ministre de la santé a réagi, promettant de s'occuper du problème à la rentrée.
lisez aussi : de la rebellion face aux instances supérieures par Dr Couine.
C'est une grande avancée pour la dignité des patients que soit bannie cette infâme chemise ouverte dans le dos qui laisse voir les fesses ou le slip.
Quelques voix discordantes ou critiques se sont élevées :
-il serait plus facile de ranimer quelqu'un qui porte cette chemise
- En matière de santé, il y a des combats plus importants à mener.
Sur le premier argument, je ne perdrai pas de temps : quand on doit ranimer quelqu'un on ne se préoccupe pas de ses vêtements et en cas de grande urgence on les déchire ou on les coupe.(quite à se retrouver avec un procès aux fesses une fois le patient réanimé*)
Revenons sur le deuxième argument et posons quelques questions :
-Ce problème est il un "detail" dans le traitement et l'accueil du malade ?
-Comment se fait il que cette pétition ait eu un tel succès ?
-Pourquoi la ministre de la santé est elle si prompte à promettre d'intervenir ?
 J'ai signé cette pétition. 
Cette chemise est le reflet d'une instrumentalisation du patient à l'hôpital, infantilisation des patients âgés,affaiblis  ou des jeunes mamans...
 (je me souviens qu'à l'hôpital public, lors de la naissance de nos fils, on préparait d'office layette et berceau roses ou bleus suivant le sexe du bébé, sans se soucier de l'avis des parents)
(je me souviens du  classique "on va pendre sa douche" auquel à la place du malade j'aimerais répondre "on va l'avoir, mon poing dans la g...") 
Je n'ai jamais eu à porter ce type de chemise et je suppose que j'aurais accepté de la porter si je m'étais trouvé incapable de bouger au fond d'un lit, mais qu'on m'aurait entendu hurler dans tout le service si j'avais du sortir comme ça de ma chambre.
Un jour une ambulance a "déposé" une dame âgée avec perfusion dans ma salle d'attente vide (mais mon cabinet se trouve dans une rue passante) j'avais gueulé haut et fort et seule la fille de la dame avait compris ma colère. L'infirmière qui a reçu mon coup de fil de protestation s'est contentée d'un "ah bon ?! " (style Roseline B dans les guignols)."Ils" n'ont pas recommencé...
à lire ce billet +++ sur l'attitude des soignants face aux personnes âgées 


Je me souviens d'une amie avec un cancer stade terminal, qui pour affirmer son désir de lutter s'habilla tous les jours malgré son hospitalisation, comme pour sortir en ville jusqu'à ce que ses forces l'abandonnent.
 Bien sûr, que je me réjouis de l'ampleur du mouvement et du nombre important de signatures,  mais je ne puis m'empêcher de penser aux autres combats qui restent dans l'ombre :
Si ont été relayés haut et fort les "dépassements d'honoraires" des médecins secteur 2, nous n'avons pas beaucoup entendu les réponses et explications données par ces confrères.
On a montré du doigt quelques uns qui "abusent" (et encore personne ne met un flingue sur la tempe d'un malade pour qu'il aille voir un ponte à 500€ la CS) mais les réponses des médecins secteur 2 sont restées dans l'ombre, ou ont été peu relayées. Or (comme nous le répètons régulièrement) la valeur de la CS à 28€ inchangée depuis une dizaine d'années est un pur scandale. Aucun média, (ou peu de médias ) ne met en lumière l'augmentation de toutes les charges d'un cabinet en 10 ans(loyer- salaires- matériel) et quand on se scandalise de tarifs "abusifs" à 80 € la CS (qui sont 3 à 4 fois la valeur du C) on oublie de dire que les mutuelles prennent en charge ce "dépassement" et que la sécu bloque son remboursement à 23€ donc que ça ne lui coute rien(et même, ça lui rapporte puisque les médecins S2 payent beaucoup plus de charges sociales.) 
Si ont été relayés haut et fort les déserts médicaux, nous n'avons pas entendu parler des causes de ces déserts : numerus clausus inadéquat qui éloigne de nombreux étudiants, soit de la médecine, soit du pays ( Bruxelles ou  la ville de Cluj en Roumanie accueillent ces étudiants). Comment expliquer que le manque de médecins se fasse sentir dans des régions supposées "attrayantes", dans certaines  villes, grandes ou moyennes, dans le sud ouest où on racole les médecins pour une installation. Le tropisme des médecins pour Paris ou PACA n'explique pas tout !
Je  voudrais vous éviter mon couplet habituel sur la disparition des ophtalmologistes néanmoins je ne peux m'empêcher de constater avec une pointe de jalousie l'ampleur de la médiatisation  "blouse ouverte" par rapport à ces problèmes et par rapport à la pétition des ophtalmologistes qui a recueilli 100 000 signatures.


Enfin une dernière question : est ce que la presse et la Ministre ont enfoncé des portes ouvertes ?
 
PS *  lors d'un stage en réa, nous avions appris à poser une sonde trachéale sur mannequin avec un laryngoscope, je m'étais étonné du fait qu'il était interdit de toucher les dents(une lumière s'allumait signalant la faute) déjà à l'époque il existait des patients  qui une fois ranimés portaient plainte pour casse de leur appareil dentaire.
z

mardi 7 août 2012

Icebergs en vue : Titanic en ophtalmologie

 
Certains d'entre vous racontent  parfois de grosses galères survenues lors de leurs consultations...
je vous proposerais bien de faire un concours en racontant vos journées de m...où tout va mal.
Si le coeur vous en dit ...
voici ma participation :
J'avais programmé au dernier moment cet après midi de consultations :
beaucoup de "kevin-s" et d'enfants, quelques "léontines" mais pas trop... le tout saupoudré de quelques urgences.
Quand je suis arrivé ils étaient déjà trois à m'attendre, devant la porte,  pourtant j'étais pile poil à l'heure. La secrétaire était en vacances.
Malgré deux urgences supplémentaires et la gestion de Gaston le répondeur, je n'avais pas trop de retard. J'avais atteint ma vitesse de croisière.
Arriva le tour d'une famille nombreuse, mère, amie de la mère et un nombre indéterminé de nains de jardin tendance jeunes et remuants.
J'ai commencé par Luke 6 ans mis  sous Skiacol donc  à voir pile poil à l'heure. Puis je me suis attaqué à Leïa,  4 ans sous atropine et là ça s'est gâté parce que comme pas mal d'enfants de cet âge tout l'intéressait, sauf les dessins de mon optotype, malgré tous les  : "dis à maman ce que tu vois là bas  ! "fleuris et un brin mielleux. 
C'est à ce moment là que ça a basculé :
j'ai  d'abord fait tomber mon test  de Lanthony et les précieux pions se sont éparpillés lamentablement  sur le sol , un peu partout ... 

Habituellement, je menace des pires représailles les malades qui oseraient effleurer de leurs doigts douteux ces précieuses pastilles colorées. Elles ont fait sécession dans des recoins poussiéreux sous le bureau ...me voilà donc, honteux et confus, plongeant  à quatre pattes pour récupérer mes chers jetons ... 
enfin je me relève en essayant de récupérer un minimum de dignité ...
hélas !  je heurte une multiprise qui passait par là ...  un éclair ...et c'est le court jus.

OUIN!!!!!!! APU COURANT !!!! Mémèle IV (l'ordi)et Gaston X (le répondeur) ainsi que  la Princesse(ma lampe à fente) déclarent immédiatement forfait. Plus rien ne fonctionne.
Panique générale , traversée de la salle d'attente pleine et course vers le disjoncteur ...
Les fusibles ont sauté et  bien sûr je n'ai pas de fusibles de rechange.
Les électriciens du coin sont tous en vacances, un seul  répond qu'il viendra demain.
Appel au secours à l'Escale via le portable (puisque les téléphones sont HS) en vain .
Pendant qu'un patient file au supermarché voisin à la recherche de fusibles, je tente d'examiner Leïa qui court partout dans mon cabinet et pose des tas de questions "dis à quoi ça sert ça ?" c'est quoi cette bouteille de lait ? dis comment on fait les bébés ? "
C'est le moment de prouver que grâce au tai chi, je maîtrise la colère, ("celle qui mène du côté obscur"), et pas question de céder à l'envie  d'aller annoncer à la salle d'attente que je déclare forfait pour aujourd'hui...
 cassez vous laissez moi mourir !
Les fusibles arrivent, mais sont insuffisants, je viens de découvrir un autre tableau électrique dans un placard du cabinet. 
Une grande rallonge arrive apportée par un Escalator qui a finalement intégré mon SOS.
Résumé de la situation :
-deux heures de retard et  pré révolution en salle d'attente
-le skiacol de Solo, le gamin suivant qui gigotte dans les bras de sa mère dans la salle d'attente a cessé de faire effet, je n'ai pas d'échantillon, la pharmacie est loin. 
-la rallonge de chantier branchée sur la seule prise qui fonctionne traverse à présent la salle d'attente et aboutit à quelques appareils perfusés sur 3 multiprises rescapées
-replonger  à quatre pattes pour finaliser certains branchements 
-se relever dignement (si possible) sourire...
-tenter d'examiner Leïa qui gigotte et décide qu'elle ne lira pas les dessins
-passer à Ioda et Anakine 10 ans qui ne posent aucun problème.
Au moment d'examiner Amidala la maman, je me dis qu'enfin tout va rentrer dans l'ordre, que c'est juste une myopie à corriger ... Raté  ! je me trouve face à un problème neuro ophtalmo de folie (une heure supplémentaire de consultation serait nécessaire)...Au secours !!!
Pour couronner le tout, Amidala n'a pas de sous pour régler les 5 consultations ...
C'est le tour de Solo qui a décidé de ne pas lire l'optotype histoire de tester mes limites en haussant les épaules à chacune de mes questions...mauvaise conscience : je rectifie ses verres au pifomètre...(ça ira, mais je m'étais promis de fignoler cette correction).
Les suivants sont un peu moins prise de tête si on exclut Bidule qui voulait  passer avant tout le monde pour un corps étranger sous la paupière, introuvable (20 minutes), et Marcel qui  vient pour son contrôle après intervention de cataracte et qui ne voit pas les différences entre les verres.
Bilan final : le dernier patient part à 21 h30 ( il avait RDV à 18h30 ! ) 
Il m'est arrivé de raconter fièrement que j'avais appris à consulter sans électricité mais c'était  lors de coupures de courant (donc pas de perte de temps à tenter de réparer) et avec des patients simples et peu nombreux.
L'électricien a regardé mes montages d'un oeil effaré. J'espère qu'il ne va pas me dénoncer ...Rendez vous est pris pour remettre tout ça aux normes.
Quant à moi, depuis cette journée, je regarde mes multiprises et prises de courant d'un oeil soupçonneux persuadé qu'elles sont sur  terre pour  me pourrir la vie. 
dernière minute :  mon amie Iowa girl m'envoie cette chanson pour me réconforter
un grand merci et promis je ne serai pas féroce :-)

samedi 4 août 2012

la promesse

 
 écrit en réponse à la consigne #205  du défi du samedi


les autres textes sont
 
 C'était un soir d'orage, Mini Zigmund marchait seul sous le ciel noir (et en broyait un peu aussi) .
Il se souvenait de la promesse faite à son grand père. Avec sa soeur Nanazig et ses deux cousins encore petits, il  avait renouvelé solennellement le serment devant son père et son oncle. 
Mais il était l'ainé, les autres étaient bien trop jeunes pour honorer leur parole.
Mini Zig arriva devant la porte et regarda la serrure. Dans sa main il serrait la clef rouillée pour ne pas trembler.
Il ne pouvait plus reculer...
Il se demanda pourquoi la promesse avait sauté la génération de son père et de son oncle.
Il comprit en voyant la Table :  sur une feuille A4  protégée dans un cadre de verre  il lut les dernières consignes de son grand père écrites au stylo à calligraphie :
                    mon cher petit,
  Tu es l'ainé de mes petits enfants, c'est donc à toi qu'est donnée la Clef . 
 Celle qui conduit à cette Table qui fut, tu le sais,  à la fois  ma raison de vivre et mon désespoir.  Ton père et ton oncle ont promis de ne rien toucher et de transporter la Table telle quelle dans cette pièce.
Seuls "Mémaile "I  II III ... etc (les ordis) ont été gardés à part.
Je sais que tu auras un choc en voyant cet amoncellement de papiers.
Aie le courage que  ni Gabrielle, ni ton père, ni ton oncle, ni moi même n'avons su avoir : BALANCE MOI TOUT  CA AU FEU !
Ne garde rien , ne lis pas, si tu lis, tu es perdu : tu n'auras pas le courage de jeter et tu devras transmettre la clef à tes petits enfants.   
Ta récompense sera cette table,  qui une fois vide  sert aussi à recevoir les amis. 
Vas y ! ne me déçois pas ...
Un petite allumette pour toi un grand ouf pour toute la famille ! 
z