dimanche 6 janvier 2013

une autre table

 en réponse à la consigne #227  du défi  du samedi 
 
C’est moi, la table "canal historique". Oui,  j’'étais là avant ... bien avant la Célèbre, la Grande,  celle qui est en train de devenir la Star table du Net.



Mais moi,  je suis modeste, légère et adap-table,  faite de plastique blanc, ovale,  6 couverts, bref, un  modèle  courant de table d’extérieur.
Quand ils m’ont achetée, j’ai naïvement cru que je vivrais au grand air, un parasol planté en mon  centre  comme mes copines de la jardinerie. Mais les escalators m’ont installée dans la cuisine et je suis devenue  « la table de la cuisine ».
Mon voisin le frigo,  chargé de magnets de toutes sortes, m’a rapidement  mis au courant des habitudes de la maison.
J’ai vu les enfants faire leurs devoirs sous le regard attentif de leurs grands-parents.  
Je les ai vus aussi faire la fine bouche devant certains plats (« j’aime pas ça … j’en mange tous les jours à la cantine ! » et le :  « file dans ta chambre ! » qui suit, proféré par l’adulte excédé)… puis quand ils ont été ados,  j’ai veillé avec eux  et leurs copains tard dans la nuit pendant qu’ils refaisaient le monde en grattant des guitares.
Je sers de point d’observation à Zigmund chat qui perché,  englobe de son regard de prédateur  toute la rue et le jardin ;  je sers  aussi de table de soins pour les matous car  c’est sur moi qu’on les coince pour leur faire avaler leurs médicaments.
La cuisine, avec ses quatre fenêtres, est la pièce la plus lumineuse de la maison, c’est sans doute pour ça que mes maitres  me  préfèrent même pour certaines  réceptions.
Ils me font des infidélités pour les repas de fêtes : dans ce cas  c’est la Table de la salle cheminée qui a l’honneur de la nappe blanche brodée et des jolis couverts après rangement  du désordre endémique de Zigmund (sous la menace).
Justement, les nappes, parlons-en : depuis quelques années, mes maitres,  à la période de noël, mettent un point d’honneur à m’habiller d’une nouvelle toile cirée. On dirait un concours : votre mission si vous l’acceptez est de trouver la nappe la plus farfelue du magasin. Le commerçant les voit arriver en se frottant les mains (« Dis donc Germaine, v’là l’Zigmund ! sors donc les trucs de ouf que personne ose acheter ! »).
 Au début j’ai eu droit à des grenouilles qui attrapaient des mouches, puis ce furent des vaches,  folles bien sûr, l’année suivante ils osèrent les taches de peinture, puis ce furent les crayons de couleur et cette année c’est cette BD  américaine d’un gout très sûr.
Je dois dire que les premiers jours,  je me tape un peu la honte…
Eux-mêmes expriment  des doutes ou des regrets : « tu sais  là on a fait fort … on  n’aurait pas dû … »    Puis tout le monde s’habitue et se félicite de l’originalité de ma nouvelle nappe.
Et moi contrairement à la Table, je ne me laisse pas envahir par le désordre lamen-table.  
z

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