mardi 30 décembre 2014

puisqu'il faudra des voeux

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Si je n'aime pas noël, il y a une chose que je déteste encore plus, c'est le début de l'année nouvelle et les voeux obligatoires, convenus, teintés d'un espoir dégoulinant.
Je suis un  véritable handicapé  : quand je dis "bonne année ", des images de malheur, de solitude, de maladie me traversent.
Je me plie à la tradition et je tente de faire bonne figure, même si mon coeur se serre au milieu de la fête.

"Aujourd'hui je vis ! j'ai dit ! "

Nous connaissons tous cette phrase :
"Aujourd'hi est un beau jour pour mourir" "parole prêtée aux guerrriers Sioux et Cheyennes le jour de la bataille de Little Big Horn contre les troupes de Custer qui attaquaient leur village.
Cela veut dire que c'est la dernière bataille, celle où se joue la survie. Le dernier choix libre est la mort au combat." Extrait de  http://www.contrepoints.org/2014/12/25/192492-projet-de-loi-sante-aujourdhui-est-un-beau-jour-pour-mourir 
(par le Dr Patrick de Casenove) (article sur son site au sujet de la loi santé.


Il existe une phrase équivalente , plus forte , 
 NULA WAON WELO !
 juste maintenant je vis  ! j'ai dit !

 si je m'autorise les majuscules, c'est parce que ces mots en Lakota sont prononcés pour défier quelqu'un et en principe quelqu'un de très fort.
c'est  l'équivalent  du NON ! au masculin HOH  qui se prononce hochh'
C'est un non très fort  qu'on ne répète pas. *
Si en face on ne comprend pas,  le Lakota tue .
C'est le moment de s'unir  et de le rester . 
Avons nous un autre choix ?

 
 



*( le non normal est  Hiya)

Lettre ouverte à nos amis journalistes qui ne comprennent pas notre refus du TPG


Les médias nous entrouvrent chichement leurs portes.
Nos patients  ne nous voient pas, par définition, si nous sommes en grève.
Aussi, pour  amplifier les messages des médecins en grève, ai je  demandé à certains l'autorisation de diffuser  les textes qu'ils envoient sur Facebook 
Voici le texte du Dr Bernard Rieux :


Lettre ouverte à nos amis journalistes qui ne comprennent pas notre refus du Tiers Payant Généralisé.Dr Bernard Rieux 
Imaginez que demain, le gouvernement décide de reconnaître le rôle essentiel de la presse dans la vie démocratique de notre pays en créant un « droit à l’information », et qu’il distribue à chaque citoyen une carte verte lui permettant de se procurer gratuitement un journal par jour, celui de son choix, tous les jours et où qu’il se trouve en France. Le citoyen se présenterait avec sa carte dans n’importe quel magasin de presse, choisirait son journal, passerait sa carte dans un lecteur, et repartirait avec son quotidien sans rien payer. Le passage de la carte déclencherait alors automatiquement le paiement du prix de son quotidien favori par le ministère des finances directement au journal.
Génial, me direz-vous : ce système sauverait de la ruine la plupart des quotidiens qui sont actuellement déficitaires, et permettrait de surcroît à tout le monde d’être bien informé.
Oui, mais il y aurait une première condition : les journaux ne devraient plus être vendus directement aux clients. Ce mode de distribution « gratuit » serait non seulement obligatoire, mais également le seul autorisé. En contrepartie, l’état s’engagerait à payer tous les journaux choisis par les lecteurs.
Bon, me direz-vous, si le lecteur garde le choix du journal, le système serait acceptable.
D’accord, mais ce n’est pas tout ; Une fois le système mis en place, il s’avèrerait assez rapidement que 10 à 15 % de vos exemplaires ne seraient pas « spontanément » réglés par le ministère. Lorsque vous vous en plaindriez, le ministère vous renverrait vers le buraliste qui n’aurait pas bien enregistré les transactions (problèmes informatiques, cartes pas à jour ou déclarées perdues ou volées, transmission incorrecte, données incomplètes, etc.), vous obligeant à les appeler un par un pour savoir pourquoi 3 quotidiens n’ont pas été réglés ici, 2 autres là-bas et 4 ailleurs, et vous imposant un long et fastidieux travail de contrôle et de réclamation pour récupérer vos impayés.
Perspective peu engageante me direz-vous, mais on pourrait s’adapter.
Certes, mais il y aurait un autre problème : c’est que l’Etat, voyez-vous, dépense trop, et qu’il doit réduire son déficit ; alors, à la fin de la première année, le ministre de l’information convoquerait chaque patron de presse et lui dirait : « Nous avons l’obligation de faire des économies, et tout le monde doit participer à l’effort qui nous est demandé, la presse ne faisant pas exception à cette règle.  
Par conséquent, à partir de maintenant, nous continuerons à acheter tous vos journaux comme nous nous y sommes engagés, mais au lieu de les payer 1,20 €, nous ne les paierons plus que 1 €. A vous de diminuer vos coûts et de vous adapter ».
Ça, me direz-vous, ce serait plus difficilement acceptable, mais si cela reste dans le domaine du réalisable, pourquoi pas ?
Oui, mais il y aurait encore un détail ; L’année suivante, le ministre reconvoquerait votre patron et lui dirait : « En tant qu’unique acheteur de l’intégralité de votre production, j’estime avoir un droit de regard sur ce que j’achète. Normal ! Tout acheteur souhaite que ce qu’il paie soit conforme à ce qu’il en attend. Or, il se trouve que votre journal ne me plait pas : trop critique à l’égard de l’action du gouvernement. Alors bien sûr, ce n’est pas à moi de vous apprendre votre métier, et vous le faites bien comme vous l’entendez, mais tant que vous continuerez dans cette voie, moi, je ne vous paierai plus votre journal que 60 cents le numéro. A vous de voir. »
Là, je suis sûr que vous hurleriez au scandale, dénonçant une atteinte inacceptable à la liberté de la presse, la fin de l’information indépendante et la mort du journalisme dans ce pays … mais il serait trop tard : l’état, désormais votre seul client et unique payeur, vous tiendrait par les cordons de la bourse, et vos lecteurs, trop habitués à la gratuité de la presse, n’accepteraient plus de devoir payer pour vous lire.
Eh bien, chers amis journalistes, c’est ce qu’on nous propose aujourd’hui à nous, médecins libéraux.
Il vous apparaît toujours aussi épatant le TPG ?
Mise à jour  29 juin 2016  regardez cette vidéo : coup de gueule du Dr Marty Président de l'UFML  en réponse à un article  d'Eric Favereau dans libération 

Un médecin généraliste en colère


Les médias nous entrouvrent chichement leurs portes.
Nos patients  ne nous voient pas, par définition, si nous sommes en grève .

Aussi, pour  amplifier les messages des médecins en grève ai je  demandé à certains l'autorisation de diffuser  les textes qu'ils envoient sur Facebook 
Le premier à avoir accepté est le Docteur Jean Jacques Mattei  que je remercie et dont je relaie volontiers la colère.   
 Ce texte  est également accessible sur sa page  face book  

Un médecin généraliste en colère !
Journal de 20h sur France 2 ce lundi 29/12/2014.
La grève des médecins généralistes contre le tiers payant généralisé, est faite pour que les médecins puissent continuer de masquer leurs dépassements d’honoraires.

L'insulte d'une télé d’État, et le mépris d'une ministre en vacances.

On parle bien d'une grève de 80% des généralistes ?
Un profession habituellement toute dévouée à son travail, et qui toute entière se trompe ?
Vous payez 30€ de dépassement en consultation, chez votre médecin traitant ?
Non, pourtant vous seriez dans la moyenne européenne...
Mais bordel, je n'en fais pas de dépassements !
C'est parce qu'on ne veut pas, que ce qui a fait l'excellence du système français, soit détruit et vendu aux assureurs.
LE TIERS PAYANT GÉNÉRALISÉ EST FAIT POUR VOUS CACHER QUE LA SÉCURITÉ SOCIALE EST CÉDÉE AUX MUTUELLES.
Cette désinformation est scandaleuse, mais bien évidemment on ne peut pas dire la vérité à la télé, trop de monde la regarde.
«Chers Français le chômage va baisser !»
«Chers Français tout va bien, la grève n'a aucun impact sur la population, les urgences ne sont pas submergées, (les généralistes ne servent à rien, marchons leur sur la gueule !)»
Merci de nous donner l'occasion de montrer les mensonges de l’État!
Merci de nous donner l'occasion de révéler le totalitarisme !
Merci de nous donner l'occasion de prouver que les médias sont le bras armé de l’État!
Merci de nous réveiller!
Merci de nous motiver plus que jamais!
Merci de nous mettre en colère !
Merci de nous mettre en mode de combat!
Merci ! Merci!  Merci !
Que tout le monde ouvre les yeux, que tout le monde se lève avec nous.
Chers Français le problème des retraites va être résolu, on vous prépare une médecine de merde, vous serez morts avant de la toucher.
Eh bien nous sommes désolés pour nos patients, mais face aux mensonges, il va falloir que vous vous passiez plus longtemps de nous et on verra qui du ministre ou du Médecin sera appelé au chevet du malade !

vendredi 26 décembre 2014

Noël : message personnel







Je n'ai pas aimé te savoir seul en ce soir de noël ... même si cette fête ne représente pas grand chose pour nous. 
Quelques souvenirs quand même  : les retrouvailles en famille, mes deux grands mères  et  surtout  ta soeur chérie qui mettait tout son coeur et son énergie pour nous recevoir comme des rois avec de tout petits moyens.
Nous avions 2 anniversaires à fêter  en ces jours, celui de votre mariage et le tien.
Il y a un an, nous avions salué l'évènement  à l'hôpital au chevet de  Ma. 
Tu n'as jamais aimé qu'on te souhaite ton anniversaire, et cette année, sans Ma,  ce sera encore plus difficile.

Alors je vais venir te voir et  t'écouter, je vais t'apporter une orchidée jumelle de celle de Ma. 

Je vais encore tenter de t'expliquer pourquoi je suis en grève, pourquoi je refuse le tiers payant généralisé obligatoire, comment une ministre de ce parti qui a toujours eu nos suffrages nous insulte pour nous détruire,  pourquoi  les  médecins ne sont pas les #nantis que décrivent les médias et une ministre. Tu n'es  pas le plus dur à convaincre de mon entourage, mais c'est avec toi que je voudrais pouvoir discuter.


Je te raconterai que j'ai rangé la Table  en speed, ce rangement réellement douloureux, avait été prévu et tenté de longue date, que les papiers se sont entassés dans des caisses qui vont être enfermées  dans mon  cabinet, (parce  qu'ils alimentent mes cauchemars),  que parfois, j'ai l'impression que je vais me noyer,  je suis tenté de lâcher prise et de me laisser couler.

J'essaierai de te raconter le joyeux tumulte de nos repas de noël : les conversations croisées, les cadeaux au pied du ficus décoré, le repas trop riche malgré une réelle tentative de modération sinon de frugalité. 
Cette période de fêtes attendue comme un break est finalement si fatigante qu'il me vient l'envie de retourner au travail pour me reposer. car  contrairement à ce que croient mes proches, je n'arrête jamais vraiment de travailler même si je ne consulte pas. Il y a toujours les conseils, les lettres, la gestion des cas difficiles ( qq uns familiaux ) avec les confrères.
 Et il y aura aussi des silences, beaucoup.
Quelques billets de ce blog sont là pour  te dire silencieusement  que je t'aime mon papa,  tout simplement.
 Bonnes fêtes à tous ceux qui s'arrêtent ici un court moment.
      
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lundi 22 décembre 2014

Grève : affichage cabinet


2 affiches supplémentaires sur mon cabinet 

Le Dr Berthold Zigmund participe à la mobilisation contre la Loi de Santé et fermera son cabinet entre le 24 et le 31 décembre.

Le projet de LOI DE SANTE gouvernemental qui doit être voté en 2015 organise la perte de notre indépendance professionnelle, indispensable à la qualité et à l’individualisation de votre prise en charge, et compromet le secret médical. Sa mise en application aboutirait en quelques années à la disparition du médecin de proximité en qui vous avez confiance et qui vous connait et des spécialistes libéraux de ville comme nous.

-     Les Agences régionales de santé associées aux caisses d’assurance maladie et aux complémentaires santé (mutuelles et assurances santé) seront souveraines et contrôleront les pratiques et prescriptions des médecins et leur installation.
-     Le tiers payant généralisé est un mensonge démagogique :
o   il va permettre l’accélération du désengagement de la sécurité sociale au profit des complémentaires santé ;
o   il fragilisera les cabinets en rendant la rémunération des médecins tributaire des délais de versement de la sécurité sociale et des complémentaires ;
o   il menace l’indépendance professionnelle des médecins en ouvrant la possibilité que le paiement des actes soit conditionné par les prescriptions et les pratiques telles que définies et évaluées par la sécurité sociale et des complémentaires.
-     La création d’une base de données médico-administratives nominatives rendra accessible votre dossier médical par des administrations, voire par les assureurs, sans garanties sur la protection du secret médical.
Les mesures passées en 2013 en faveur des complémentaires santé (loi ANI rendant la complémentaire santé obligatoire, Loi Le Roux sur les réseaux de soins, contrats responsables) entraineront une différence de la qualité des soins en fonction des revenus et créeront une médecine à 2 vitesses.
 texte Dr Rouxel 
plus d'infos sur le site de l' UFML






Derrière le côté séduisant du tiers payant généralisé,  se cache le désengagement de la sécurité sociale au profit des mutuelles et des assurances privées. Celles-ci, en plus d'augmenter vos cotisations et de diminuer les remboursements des soins, pourront récupérer vos données de santé en faisant fi du secret médical et rendre difficile le choix de votre médecin en dehors de leurs réseaux (à l’exemple  de l'optique)
Pour vous habituer  à ces conséquences, le Dr Berthold  Zigmund  sera en grève du 23 au 31 décembre 2014 inclus.
   Ouvrez  les yeux  sur les nombreux  aspects pervers de la loi santé : ce que le gouvernement a fait avec l'économie il veut le faire avec la santé, votre santé. 
Choisissez en qui placer votre confiance : à qui confier votre santé  au  financeur  ou à votre médecin qui se bat autant pour vous que pour la médecine libérale.

En cas d'urgence,vous pouvez vous adresser aux urgences ophtalmo du CHU.


 post scriptum : non, je ne suis pas "parti skier à Megève " et non je ne fais pas grève pour grapiller 2€ de plus sur la valeur d'une CS au plus bas niveau européen  et non revalorisée depuis 15 ans 

vendredi 19 décembre 2014

quelques jours avant noël




Depuis plus de six mois,  la majorité des billets de ce blog est axée sur le combat des médecins contre la loi santé.
Depuis plus de six mois, je me dis que ce serait bien d'écrire autre chose, non que je craigne de fatiguer les quelques lecteurs de ce blog (qui ont bien du mérite, soit dit en passant ) mais j'aimerais tant retrouver le plaisir de me concentrer sur les consignes du Défi du Samedi (avoir zappé une consigne récente sur les yeux me remplit de honte) ou de mot image citation ; j'aimerais  vous parler de musiques, de lectures, de plantes, de chats, de voyages comme je le faisais au début de ce blog.
Au lieu de ça,  mes pensées se concentrent sur ce  juste combat à mener contre la loi santé de mst.



La Table la plus célèbre du web qui attend d'être rangée pour noël, aggrave son cas, la compta  souffre (pas autant que moi)  et les papiers urgents  s'accumulent impitoyablement.
Plus les années passent, et moins j'aime cette fête de noël.
Nous sommes allés faire quelques courses dans une grande surface, vous avez sans doute tous testé,  je ne vous raconterai pas cette débauche de tout, les caddys pleins à ras bord, les jouets pastels ou carrément roses pour les filles et les  vilains machins guerriers pour les garçons, et la bouffe, tellement de bouffe  qu'on se dit qu'on va arrêter de manger,  et surtout on se dit qu'il faut  se barrer de là à toute vitesse.
 Sauver son âme ...


Mes pensées s'envolent vers ceux qui manquent de tout, même si, égoïstement, je me demande comment je ferai face à mes créanciers après dix jours de grève. 
Mes pensées vont vers ma famille et mes amis que j'ai un peu délaissés pour entrer dans cette  lutte,  juste mais si difficile à expliquer et que bien peu comprennent.
Revenir à l'essentiel,  oui mais c'est quoi l'essentiel ?
Par où commencer pour remettre un peu d'ordre dans tout ça ?
Mozart peut être ? 

mercredi 17 décembre 2014

pour une médecine libre et indépendante par Dr Dominique Thiers-Bautran

 j'ai copié ce post pour l'amplifier mais je viens de voir qu'il existe  sur le site 
http://ufml-asso.org/82-articles-en-vedette/conseil-d-administration/97-il-en-est-des-faits-comme-des-chiffres-ils-sont-tetus.html

Donc allez lire l'original et les autres posts importants sur la loi santé 
Il en est des faits comme des chiffres : ils sont têtus.

Têtue aussi l'UFML qui, depuis sa naissance, annonce haut et fort le drame qui se joue et qui conduit inexorablement à la fin de la médecine libérale, la fin de la médecine libre et indépendante, la fin de La Médecine.

Petit rappel historique : au moment de l'escroquerie de l'avenant 8 ( 1 ), un petit groupe de praticiens, visionnaires bien au delà de la médiocre cause d'un conservatisme aveugle, entrevoit les chaines à venir : l'assujettissement des médecins aux décideurs do t ils sont exclus, ce thème était, est et restera au centre de nos préoccupations . 

L'avenant 8 est la pierre d'angle de l'encadrement tarifaire, cheval de Troie du CAS qui ouvre la voie non seulement à l'encadrement des pratiques mais aux réseaux de soins fermés, ce que laisse entrevoir l'entrée dans le système paritaire des complémentaires , d'autant plus crédible qu'en octobre 2012 monsieur Le Roux dépose un projet de loi visant à autoriser ces réseaux ( 2 ).

Nous sommes en novembre 2012 , le C à 23 euros est le tarif le plus bas d'Europe, la CCAM n'est plus revalorisée depuis des années, bien peu évoquent l'indigence des tarifs opposables préférant le scandale des "dépassements " . 
La campagne de dénigrement du milieu médical bat son plein depuis des mois, le médecin est un nanti irresponsable.

Le temps presse, la profession vieillit, s'épuise, se décourage, se résigne, les jeunes ne s'installent plus.
Et pourtant, rien ne bouge : les syndicats signataires se félicitent de l'avancée sociale de l'encadrement des tarifs, les bien pensants ricanent de l'affront qu'ils croient réservés aux seuls secteur 2, la profession continue à creuser sa tombe.
Nous exhumons alors un texte extraordinaire, un texte fondateur : un rapport de l'ENA de 2008. ( 3 )
Quatre élèves de la promotion Zola 2010 reçoivent pour mission la rédaction d'un rapport sur les rémunérations des médecins libéraux, dont le préambule, imposé par le professeur, plante le décor : les médecins libéraux sont très( trop ) bien rémunérés, les dépassements d'honoraires mettent en péril l'accès aux soins...

Stupéfaction !! ce texte, c'est l'avenant 8 , à quelques virgules prés, construit sur des assertions 
plus que des preuves, quelques contre vérités et beaucoup de préjugés, est ce ainsi que l'état construit ses lois.

L'UFML tente de s'opposer à la mise en place du CAS ( 4 ) : elle gagne la bataille juridique, mais perd la bataille stratégique, l'assurance Maladie fait signer en catimini l'avenant 11 aux syndicats, qui annule les clauses requises à la mise en œuvre du CAS . Car telles sont les méthodes des tutelles : c'est dire l'importance de ce CAS dans la stratégie, c'est dire l'aveuglement des représentants de la profession.

Tandis que nous tentons de réveiller les consciences sous les quolibets et les insultes (irresponsables " "agités du web" selon la CSMF " ultra libéraux" "poujadistes" selon d'autres), madame Touraine fourbit ses armes . 
En juin 2013, est publié le rapport Cordier , rapport des 19 sages commandité par la Ministre . Ses recommandations tiennent en quelques items :
- parcours coordonné de soins en tarif opposable
- efficience
- tiers payant généralisé
- hospitalocentrisme
- droit des usagers
- délégation des compétences

La médecine sans médecins, la médecine fléchée est en train de naitre, confirmant nos premières analyses.
La politique de santé est décidée par les technocrates et les financiers , les professionnels de santé deviennent de simples effecteurs tandis que les patients ne sont que des usagers.
L'UFML dénonce toujours la perte d'indépendance du médecin qui tombe sous la coupe des financeurs.

Les réseaux mutualistes se déchainent : sur les réseaux sociaux Santeclair mène une campagne de dénigrement systématique contre les médecins, dans la presse, sur les murs d'affichage les campagnes publicitaires pour complémentaires font flamber les frais de gestion, en toute opacité , le ministère ayant accordé aux organismes de ne pas les publier.
L'UFML intente une action en diffamation .

En novembre 2013, madame Touraine présente la Stratégie Nationale de Santé, qui n'est pas autre chose que la mise en application du rapport Cordier.

L'UFML poursuit son action d'information, de mobilisation, participe à la création du Collectif de Mars avec les autres professionnels de santé tout autant malmenés, organise différentes actions destinées à attirer l'attention sur ce qui se prépare en coulisse. La FMF, le BLOC, la FNMR et d'autres syndicats non signataires partagent l'analyse et entreprennent une mobilisation laborieuse

Pendant ce temps la LFSS confirme l'entente tarifaire UNCAM et UNOCAM, instaure les "contrats responsables " et la complémentaire pour tous tandis que la loi de sécurité de l'emploi impose aux employeurs l'acquisition d'une complémentaire pour tous les salariés.
Si le piège se referme autour des médecins, le marché des complémentaires se développe sur le thème de l'accés aux soins et le reste à charge.

Pourtant rien ne bouge ( 5 )
Les syndicats signataires continuent de fustiger les " groupuscules extrêmistes ", plaident pour un réalisme syndical d'accompagnement, protestent mollement contre les sanctions administratives par des directeurs de caisse omnipotents et font mine de s'insurger devant l'absence de revalorisation depuis des années.
L'annonce du Tiers Payant Généralisé fait lever un sourcil, malgré les propos rassurants de la ministre . 
Là où nombre de syndicats ne voient qu'une somme de difficultés techniques et une déresponsabilisation du patient, l'UFML dénonce cette mesure car elle est la condition nécessaire de la mise en œuvre de l'assujettissement des pratiques par la contrainte financière , la possibilité de rétention d'honoraires, d'application de coefficients minorants à la source etc…, 

Les campagnes de manipulation d'opinion s'accélèrent : erreurs médicales, actes inutiles, escroqueries à l'assurance maladie, testings pour les refus de soin, accusations de racisme, mise en doute des principes déontologiques, extorsion du pouvoir d'achat des français par des professionnels de santé .... 
La profession est sous le choc, incapable de réagir en masse. 

Inlassablement, l'UFML organise des réunions à Paris et en province, sollicite les journalistes, les politiques, envahit les réseaux sociaux et la presse professionnelle avec une idée fixe : dénoncer l'étatisation des pratiques et la privatisation du financement enfermant patients et médecins dans un même étau .
Elle organise des actions chocs, comme la journée noire du burn out, "les mutuelles vous enfument ".

En juillet 2014, le projet de loi santé est déposé . 

L'UFML, très rapidement , réalise qu'elle est le point final de la médecine libérale . 
Le point le plus important n'est pas la confirmation du TPG, pas non plus la délégation de compétences : le point crucial est que la santé devient une fonction régalienne de l'état qui, en partenariat avec les organismes d'assurance maladie ( UNCAM et UNOCAM) décidera des objectifs et des moyens de la politique de santé que les ARS, aux pouvoirs accrus, déclineront sur les territoires. Elle lance le Le NoNego, la loi doit être retirée.

Les syndicats représentatifs, enfin , en appellent au Front Uni en novembre 2014 .
L'Union se fait contre ce projet de Loi, les revendications diffèrent parfois, portant sur des revendications tarifaires ou conditions techniques du TPG que sur l'esprit de la loi, les déterminations à en demander le retrait sont plus ou moins fermes mais l'Union avance.

Enfin, pour la première fois en plus de deux années, la CSMF fait paraître le 16 décembre 2014 un communiqué où apparait le mot " ASSUJETTISSEMENT " .

Que de temps perdu, que d'énergies gaspillées avant d'identifier enfin notre véritable ennemi .
C'est un combat idéologique que nous allons devoir mener.
Mais ensemble nous serons plus forts .

Ces deux dernières années, nous avons affuté nos critiques, acquis une certaine expérience sur les méthodes employées à l'égard des médecins et resterons très vigilants quant à la désignation des véritables objectifs de la mobilisation .
Nous ne nous battons pas pour un C à 25 euros, ou une carte vitale Gold tout-en-un. 
Nous nous battons pour la survie de notre métier, pour le maintien de sa nécessaire indépendance, tant à l'egard des financeurs que des technocrates déconnectés du terrain, tels les auteurs du rapport ENA qui ont rédigé rien moins que la mise à mort de notre profession.
Le mouvement qui s'annonce sera dur, n'en doutons pas, car nous n'avons d'autre choix que combattre ou disparaître.

A tous, nous souhaitons courage et détermination pour cette fin 2014.

D. Thiers Bautrant

1 - http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026733742 

2- http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0296.asp 

3- La rémunération des médecins libéraux " Option approfondissement , ENA, promotion 2008-2010 Zola

4- http://www.ufml.fr/2013-11-28-20-31-41/presse/718-faute-de-chiffres-clairs-le-contrat-d-acces-aux-soins-prend-du-retard-cas-ufml.html 

5- http://www.ufml.fr/2013-11-28-20-31-41/conseil-d-administration/1110-le-bilan-sera-terrible-il-faut-bouger.html

samedi 6 décembre 2014

des notes des rires et des larmes

C'était une joyeuse fanfare légèrement déjantée...
Parmi les musiciens, beaucoup étaient et sont nos amis. 
Et voilà qu'un jour la fête s'arrête. 
Non, on ne veut pas y croire. 
Ce n'est pas possible, ils nous ont donné tant de joies !
Nous les avons suivis depuis le début

Nous faisions des kilomètres pour les voir ou les revoir.
 
Alors, pour ces deux derniers concerts, nous avons réservé à l'avance et pris la route.
Ce dernier concert jouait à guichets fermés,  luxe inoui, nous étions assis.
 Sans doute aussi émus qu'eux, nous  les avons accueillis debout par une ovation  pour leur dernière entrée sur scène.
Ce spectacle, je l'avais déjà vu plusieurs fois, je connaissais l'ordre des morceaux et presque tous les gags, mais cette fois, le goût était différent, il y avait cet arrière goût amer  du "et merde ... plus jamais !" qui gâchait le plaisir.  
Ils ont su cacher  leurs larmes derrière sourires et pitreries, ils ont   su jouer  comme si ce n'était pas l'ultime concert, et  nous faire oublier le silence qui allait suivre.

Nous avons applaudi debout, longuement, il y a eu trois rappels. 
C'était la fanfare Jo Bithume.    
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jeudi 27 novembre 2014

Le prisonnier

En  réponse à la consigne #326 du défi du samedi
 les autres participations sont là 
(oui j'ai osé encore une fois instrumentaliser une innocente consigne littéraire pour tenter de sensibiliser  médecins et patients à la grève qui s'annonce contre la loi santé et le TPG  ! )

Vous me remarquerez à peine sur le bureau de mon maître Zigmund. Il me cache,  parce que je lui fais honte. Je suis un petit boîtier commun,  une fente pour insérer une carte verte me différencie de mon aïeule la calculatrice ou de mon cousin le lecteur de carte bleue. 
Il y a quelques années, de fort mauvaise grâce, il a du se résoudre à m'adopter ; il a réglé le fournisseur puis m'a attaché à son ordinateur en sifflant d'affreux jurons.
Depuis, c'est la guerre entre nous. Je n'ai rien fait pour mériter sa haine, je suis innocent je le jure.
Même si je pouvais lui dire que l'arme est moins responsable du meurtre que la main qui la dirige, je n'arriverais pas à éteindre la flamme mauvaise dans son regard quand il m'aperçoit. Je peux me réjouir de l'absence de hache dans les alentours... sinon il y a longtemps que je serais  en miettes. (Dois je m'inquiéter quand il me regarde juste après avoir caressé le katana qu'il a cache sur son box de consultation ?)
Nos rapports s'enveniment au fil du temps.  
Jusqu'à présent, chaque matin il déclenchait l'ouverture du programme après avoir intégré son code, puis il passait la carte vitale de chaque patient.
Et voilà que depuis début Octobre 2014, au retour d'une manif,  et obéissant à un obscur mot d'ordre  d'excités de son acabit, il m'a retourné rageusement face contre terre et a annoncé fièrement : à partir d'aujourd'hui la télétransmission c'est NON !  (bon ça va j'ai échappé au katana ...).
Alors depuis, je me morfonds, inutile, face contre le bureau, je m'ennuie à mourir, j'attends, j'espère, je prie pour  qu'arrive un patient CMU ou AME (qu'il accepte encore de télétransmettre). Là, c'est Noël pour moi :  il m'allume enfin avec un soupir, et je passe le reste de la journée à assister à ses consultations comme au bon vieux temps. Il va même, le soir venu, jusqu'à mettre à jour mon programme... pour un peu j'en pleurerais de bonheur !
Il parait qu'une bonne partie de mes malheurs sont dus aux déclarations d'une ministre sur les "dépassements d'honoraires" , sur le tiers payant généralisé obligatoire et sur la loi santé.
Mais moi je n'ai rien fait, je suis innocent, venez me chercher ou alors faites quelque chose pour abréger mes souffrances.
Au secours !        



Post Scriptum  
Droit de réponse de Zigmund : 
Tu n'es qu'un objet mais te mettre  au chômage et  menacer de te délaisser  est un des moyens de pression que nous n'hésiterons pas à utiliser pour faire reculer la  loi santé .

chers confrères, chers patients (Dr Thiers-Bautrant UFML )



 lettre du Dr Dominique Thiers- Bautrant 



Voilà... nous assistons à la fin d'un système performant mais coûteux, solidaire mais coûteux, de qualité mais coûteux. Dénominateur commun ? coûteux. 
Nous migrons donc vers un système moins performant, de moins bonne qualité, moins solidaire et présumé moins coûteux grâce à ... la décote arbitraire et imposée d'actes professionnels qualifiés . 
Mais les chiffres sont têtus. 

Malheureusement et n'en déplaise à nos énarques souverains, il ne sera pas moins coûteux : ni pour les assurés qui vont devoir continuer à payer une assurance obligatoire hors de prix mais aussi des complémentaires et surcomplémentaires s'ils veulent pouvoir accéder aux meilleurs traitements et une prise en charge individualisée, mais aussi pour l'état par le biais d'un hospitalocentrisme outrancier, de rajouts de couches administratives toutes aussi contraignantes qu'inutiles, par la paralysie des actes de soin au profit d'interminables procédures administratives et par la destruction du secteur économique pourvoyeur d'emplois, de richesses, le secteur libéral et ça, c'est idéologique.
Le réveil chez les bisounours va être violent, mais moins douloureux que pour les patients.
Nous avons joué notre rôle, fait notre
taf  : nous avons informé, alerté, résisté. 
A l'impossible nul n'est tenu.
Dr Dominique Thiers Bautrant 
http://www.ufml.fr/

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