samedi 9 août 2014

apprenons à enfoncer les portes ouvertes


Il y a quelques jours, nos confrères ont reçu un document de l’INPES dont le but avoué est d’enseigner aux médecins  comment prendre en compte les inégalités sociales en médecine générale.
Les médecins spécialistes ont été écartés du beau courrier  de 6 pages en papier glacé qui brûle mal dans une cheminée, et se révélerait inadapté à l’autre usage auquel j’aurais destiné le machin.
Je ne reprendrai pas les posts agacés ou carrément énervés de mes consœurs Fluorette et Laeti.(à lire d'urgence)
Puisque  je n’ai pas reçu le bidule fruit de la réflexion d’énarques probablement payés largement  au-dessus du SMIC* pour leurs délires, je vais vous offrir mon délire perso pour pas un rond.
Ceux qui auront eu le courage de lire le document de l'INPES sans avoir pris la précaution d se munir d’un punchingball, sauront donc enfin reconnaître un pauvre parce que c’est bien là le but de ces 6 pages.
J’attends avec impatience la version inverse destinée aux médecins spécialistes, surtout S2 : comment reconnaître un riche afin de « prendre en compte les inégalités sociales ». Comme ce document complémentaire,(pas plus politiquement correct que la version officielle) risque de se faire attendre, voici quelques pistes rapides pour aider à son élaboration.

Dès l’interrogatoire, nous pourrions, bien sûr,  demander habilement  à notre patient s’il est soumis à l’ISF, mais l'expérience montre que la question serait mal perçue le plus souvent. 
D’autres moyens existent : on saura évaluer la valeur du véhicule en jetant un œil à la caméra de surveillance du parking et en s’aidant de l’argus.
L’inspection est importante : le vison ou les bijoux  de Madame, la coupe du costume de Monsieur, le port d’une cravate ou d’un foulard de marque,  les chaussures seront des indices précieux pour chasser détecter le « plein aux as ».
Le "blindé de thunes"  prend  généralement soin de sa personne, il arbore en toute saison un  hâle de bon aloi, se plaint peu ou  au contraire trop  et dans ce cas, il serait capable d’appeler le 15 au moindre bobo.
Parmi cette catégorie sociale, hélas trop peu répandue dans nos banlieues excitées, il nous sera difficile d’isoler un spécimen intéressant : l’Enarque, dont nous avons financé les études et finançons les délires, car le bougre, se sachant parfois mal aimé des médecins, peut se montrer fort discret et, l’espace d’une consultation, adopter un langage compréhensible, voire parsemé de  mots normaux pour faire « peuple ».  
J’aurais  plaisir à continuer dans ces stéréotypes « signes extérieurs de richesse » mais j’imagine déjà mon  sévère ami doc du 16** m’accuser de simplification ou de racisme social, et il aurait à la fois raison et tort. (Mais je ne développerai pas ce point)
Une fois votre "plein aux as" cerné, et qui plus est si vous avez détecté une énarquitude sournoise, vous le soignez, bien sûr, avec la même attention que vous apportez à tous vos patients  du « Groseille » au "Le Quesnoy" en passant par "le Dupont".
Avec une seule différence : une fois la nantitude chronique diagnostiquée,  vous allez vous offrir un dépassement d’honoraires conséquent afin  de pouvoir un jour  à votre tour aller jouer dans la cour des #nantis et de faire enrager certains(es)  ex énarques.
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PS : J’assume l’outrance caricaturale de ce post (qui se veut plus humoristique que polémique)   en écho au mépris  sous-entendu dans ce document de l’INPES. Que les quelques « riches » de ma clientèle ne s’inquiètent pas : « je les aime aussi »,  je leur donne autant d'attention qu'à tous (j'essaie) sans dépassement d’honoraires et conformément au serment d’Hippocrate. 
*dans la mesure, où par mes impôts, j’ai participé « à l’insu de mon plein gré » à la rémunération de ces incapables, tristes sires, j’aimerais savoir à combien revient ce document et combien  ces #nantis  ont été payés. Théoriquement c'est public....
** il m'avait fait ce reproche au sujet du post racisme ordinaire.  

2 commentaires:

  1. Tu chipotes parce que les jours n'ont pas 37 heures...
    Le généraliste peut faire tout ça, enfin !
    Et puis il va quand même toucher 23 €...
    Quoique, pour 8 à 9 ans d'études (ben oui, il n'y a pas que des primants qui passent en PCEM2) trois fois le SMIC, c'est pas mal, non ?
    Bon, c'est moins que premier ministre avec 15 fois le SMIC mais faut choisir le bon créneau dès le bac...

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  2. @ le-gout-des -autres je gagne 2 fois le SMIC à bac + 10... si le but avait été de s'enrichir j'ai raté ma vie
    http://lerhinocerosregardelalune.blogspot.fr/2013/04/le-nanti-vous-salue-bien.html

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