dimanche 29 mars 2015

Nuit


Nuit
Nougaro "L'ile Helene" par paxal974
Pas  ou peu de musique ; pas assez de lumière , mes yeux fatiguent, mon dos est douloureux.
Tout le monde dort. Même les chats ont disparu .
D'habitude, Zigmund-chat trône sur les papiers, il choisit les plus importants : ceux que je garde à proximité et y imprime la marque de ses coussinets douteux. Cette fois ci, il m'a laissé seul face au désastre.

samedi 21 mars 2015

visions

Arbre couvert de fleurs
Qui porte ton nom.
Arbre couvert de fruits,
Qui remercier ?
Tu n'es pas silencieux sous la terre.
Tu murmures avec le vent dans les branches.

           A mon père

écrit par Fregap

un prunier nommé Johnny.



Seul vers la lumière, avec chacun et la multitude.
Échecs et succès bordent le chemin où j'ai posé le lourd fardeau.
S'unir sans disparaître.
Savoir sans avoir.
Que va-t-il arriver ?
Rien ne s'arrêtera.


Un moment.
Un si court moment.
Maître de soi-même.
Abandon des passions et des illusions.        
En paix avec soi-même.
Un si court instant.
Un instant


Ecrit par Fregap







vendredi 20 mars 2015

rendez moi mon éclipse !



Je ne suis même pas déçu !
 Après tout, ce n'était qu'une éclipse au rabais  : 80%   même pas une totale !
Les lunettes éclipse offertes par un fabriquant de verres réputé sont posées sur la banquette passager, alors que je me rends à une répétition d'orchestre.
Il pleut, le ciel est gris j'ai froid aux os et au coeur...
L'horizon est si sombre ...
Je me souviens de mes éclipses passées 
-la toute première à l'âge de 7 ans : à cette époque le principe de précaution n'atteignait pas les sommets ridicules d'aujourd'hui ; mon papa m'avait préparé des négatifs photo,  j'avais été émerveillé, et mes jeunes maculae avaient survécu à l'expérience. (chers confrères ophtalmos inutile de hurler : souvenez vous que dans les années 60 personne n'avait entendu parler des lunettes éclipse)(retour au paradis )
-Plusieurs partielles : une alors que je suis en cours au lycée : j'exige du prof de me laisser aller à la fenêtre et, interrompant le cours,  j'entraine toute la classe derrière moi.
-Puis celle d'aout  1999  : la vraie, la seule, la plus belle : j'avais embarqué toute ma famille dans ce délire, mais ce jour là il y avait des nuages et certains avaient replié leurs téléscopes. Quelques minutes avant la "totale" un coin de ciel bleu s'est ouvert au milieu des  nuages : ce fut une merveille.
-de ce jour, j'avais programmé la suivante  à Shanghai en 2009 avec le résultat qu'on connait... (Voyages à éclipses
la voix du ciel 
carte postale de Shanghai  / au delà de google map)

-Voilà un ciel  très gris vient de me  priver de la probable dernière éclipse de mon existence.


Je pense à mon prochain bulletin de vote,  je pense à l'éclipse annoncée  du parti socialiste. Je n'arrive pas à m'en réjouir, il est si difficile de constater qu'on a été trahi et insulté par ceux en qui on croyait. Difficile de se réjouir complètement de la chute d'une ex infidèle, méprisante, injurieuse ... pourtant il y a cette petite voix qui me chuchote "bien fait ! ils l'ont pas volé , fallait virer mst* ..." et cette autre voix qui dit "tu préfères revoir l'autre ? tu préfères la blonde ?" NON PAS LA BLONDE !!!
(*Qu'on me permette de rigoler de l'émotion de mst qui supporte mal ces initiales qu'elle fait mine de découvrir maintenant.)

je voudrais juste retrouver un peu de sérénité dans mon métier, ne plus me faire traiter de nanti par une ministre assujettie à l'ISF, qu'on me laisse libre de mes choix thérapeutiques, ou que ceux ci soient contrôles par mes pairs et non par des administratifs bornés. Je voudrais passer plus de temps à soigner mes patients qu'à gérer l'administratif qui  déjà sans TPG,  prend une ampleur inquiétante, je voudrais qu'on arrête de faire croire que le TPG est une mesure sociale : c'est une mesure électorale,  je voudrais qu'on arrête de nous charger de tous les maux en vendant la santé à la découpe aux mutuelles ...
Prenez soin de vos médecins, c'est une espèce en voie d'extinction...
Pour ce qui me concerne, la #BaguetteNantis continue et la grève de la carte vitale aussi.
Proverbe du jour : aller sur le site de l'UFML  c'est bien ,  adhérer c'est mieux 
--

mercredi 18 mars 2015

course de fond

Rien ne va plus ...
Dans un précédent post j'ai mis  en lumière quelques nuages qui s'abattent sur mon cabinet.
J'y reviens rapidement afin d'expliquer à ceux qui passent ici mes silences prolongés, je ne voudrais pas que mes amis s'imaginent que je suis indifférent aux soucis qu'ils déversent sur ma Table.
Mais voilà il arrive un moment où trop c'est trop !
Je suis engagé dans une course sans fin qui s'accélère dangereusement pour ma santé mentale.
Cette semaine a été une horreur : je n'ai pas eu le temps d'expliquer à la secrétaire remplaçante ( la titulaire d'abord  malade est maintenant partie  aux sports d'hiver) comment gérer la prise des RDV.
Du coup, je me retrouve face à un merdier incontrôlable avec des appels non traités, d'autres traités mal traités ou non notés, des dossiers accumulés et mélangés...j'ignore si ce flot ininterrompu pourra être un jour maîtrisé.
J'ai  bloqué mon téléphone, ce que je me refuse à faire habituellement pour ne pas laisser passer une urgence.
Or il se trouve que mon portable ne passe pas derrière les murs épais de mon cabinet.
Ça n'a pas raté  : Pa a voulu me joindre  et s'est angoissé de n'avoir aucune réponse,.
Les courriers à faire  s'accumulent, ma déclaration de revenus traîne, mes consultations pleines de Léontines se passent mal, nécessitent de plus en plus de courriers, je suis au bord de l'implosion.
J'ai réalisé que je passe plus de temps à gérer l'administratif qu'à soigner les gens : ça suffit à mettre mon moral au plus bas.
 Me maîtriser me prend toute mon énergie et le soir je suis vidé hagard, affalé  tel une larve devant la télé que je ne regarde même pas. 
J'accumule les erreurs : j'ai incendié un correspondant qui m'avait promis un courrier urgent  mais finalement la lettre attendait sagement dans les courriers à ouvrir, j'ai oublié un RDV pris avec un réparateur, j'ai laissé mon manteau au restaurant à l'autre bout de la ville...



 Comme un traitement, une pause agréable dans cette course : fatigué, déprimé et heureux à la fois j'ai passé quelques jours à Paris, pour les JRO (ou journées de réflexions ophtalmologiques) effaré d'avoir osé faire cette pause et content  de pouvoir me l'offrir. Plaisir de retrouver mes confrères lointains, de boire les paroles des conférenciers, de regarder le parc de la Vilette sous le soleil, de marcher sans crainte d'être arrêté (comme chez moi)  dans la rue pour un RDV.

Et puis, bien sûr, il y a eu la manifestation du 15 mars contre la loi santé. Nous étions nombreux et motivés, certainement plus que les 20000 annoncés par le ministère.
J'ignore quelle sera la portée de cette manifestation. Je rigole de voir la ministre jouer les victimes et dénoncer la violence de certains propos. Elle oublie vite les insultes quotidiennes et les mensonges proférés depuis son arrivée contre les professionnels de santé -parce que le mot "médecins" lui semble étranger (ou la blesse ?).
Je suis rentré sonné épuisé malade mais content d'avoir été là où je devais être...
Mais voilà, je savais que  dès le retour à mon cabinet, la course reprendrait et cette angoisse effroyable qui l'accompagne.

De ce point de vue n'ai pas été déçu hélas...
Quand j'étais jeune on disait dépression, aujourd'hui on dit burn out.
Par bonheur, des mains amies se tendent vers moi pour m'éviter de m'écrouler. 
Ai je un autre choix que de m'accrocher du mieux que je peux à mon rocher en espérant que la tempête se calmera ?   






dimanche 15 mars 2015