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samedi 18 avril 2015

poudre aux yeux et la nuit qui vient



 J'assume ce titre bancal. Je n'en ai pas voulu d'autre.
(ce qui suit est  au départ une mise à jour  d'un billet  de septembre 2013.)
Si  actuellement  la loi santé mobilise l'énergie d'une grande partie des médecins, (dont la mienne)  nous ophtalmologistes, tentons aussi  de convaincre les députés et sénateurs de la dangerosité de la suppression de l'obligation  d'ordonnance pour l'achat des lunettes qui plus est, sans préjuger de l'âge. 


C'est cette loi conso  votée à l'assemblée avec l'aide du 49/3 qui est arrivée au sénat. Je vous mets au défi de trouver une once de socialisme inside  par contre des cadeaux à la finance et à big optic ça c'est facile.
 Futurs responsables et coupables, lisez ou relisez la lettre ouverte à la ministre de 3 ophtalmologistes
 http://www.huffingtonpost.fr/catherine-creuzot-garcher/ministre-sante-acces-soins-visuels_b_4411017.html

Merci à eux d'amplifier le message que nous relayons depuis septembre 2013  dans nos salles d'attente auprès de nos patients.


Certains d'entre nous se plaignent d'ailleurs de ne plus avoir assez de murs dans leur salle d'attente pour informer nos  patients électeurs des dangers imminents de la loi santé et de cette partie de la loi conso.

La solution  au "manque de murs" : continuer la grève de la carte vitale et agrafer un tract à chaque feuille de maladie.

A quel moment ceux qui élaborent, discutent et votent les lois * prendront ils conscience :

-que la détermination des lunettes par un ophtalmologiste permet un dépistage de masse de maladies graves (amblyopie chez l'enfant, glaucome,  diabète, hypertension artérielle, tumeurs,risques d'accidents vasculaires cérébraux)
-que la collusion prescripteur vendeur est une erreur grave
-qu'espérer faire redémarrer une économie en berne par la vente facilitée des lunettes est une bêtise sans nom : pour paraphraser quelqu'un d'assez connu **: combien faudra t'il que chacun d'entre nous achète de paires de lunettes pour contenter les lobbyistes de cette loi ? (big optic et finance). 
Dans ce pays où on forme chaque année 2000 opticiens contre 120 ophtalmos on voudrait faire croire que l'ophtalmologie se résume à la prescription/détermination des lunettes, saupoudrée d'un peu de chirurgie de la cataracte,  le tout nappé de délais scandaleux et de "dépassements" dissuasifs ; il est d'ailleurs fréquent qu'on nous rende responsables nous ophtalmos (tous secteurs confondus) du prix des lunettes  et de la prise en charge squelettique de la sécu.  

Nous allons donner des noms à certaines pathologies qui découleront directement de cette loi 

l'amblyopie d'Estrosi, l'ulcère de Benoit Hamon( pour les lentilles de contact 
Pour les lentilles, il nous suffira de montrer ou d'afficher dans nos salles d'attente  cette photo d'un abcès de cornée ou d'ulcères cornéens sous lentille avec la mention : "merci sénateur, merci député ! " (et nous  avons d'autres photos plus "gore") 
 et pour le glaucome le "chaudron de big optic".***
J'ai l'intention d'afficher dans ma salle d'attente ( il reste encore quelques places sur les murs) la liste des députés et sénateurs favorables à cette loi ; la loi santé  (liste des votes loi santé du 14 Avril 2015 )et la loi sur le renseignement sont infiniment plus graves : les noms des élus responsables seront placardés en bonne place afin que les patients puissent voter en connaissance de cause.
La suppression de l'ordonnance  pour obtenir des lunettes est une chose grave mais la loi de santé et la loi sur le renseignement le sont bien plus.
C'est contre ces deux lois que nous médecins avons le devoir de nous lever et de  désobéir tous ensemble.     
Quelqu'un  sur internet a proposé de rebooter l'année 2015 , peut être faut il aussi rebooter le parti "socialiste". Quelqu'un d'autre s'écriait "1984 c'est  un livre pas un mode d'emploi !"

Cette ambiance étouffante angoissante de privation progressive de liberté  renvoie à des périodes bien sombres. Nous espérons qu'il n'est  pas trop tard.




* de mes passages à l'Assemblée Nationale et de mes rencontres avec certains élus il ressort que la plupart des députés n'y comprennent que couic sont dans l'ignorance totale de la portée de certains articles de loi.
**

*** un exemple assez fréquent  récent
Grégoire 70 ans solide agriculteur, consulte pour baisse d'acuité visuelle. Jusqu'à présent il faisait faire ses lunettes chez l'opticien sans avoir jamais vu un ophtalmo, d'ailleurs son médecin généraliste lui a dit que c'était sûrement une cataracte. 
Ben non  ! 35 de pression oculaire (la normale c'est en dessous de 21) la vision est à 7 -8 /10 mais elle est tubulaire et la papille est blanche et creuse c'est ça le chaudron (et chaudron = c'est foutu pour la vision) l'autre oeil est à peine mieux. le glaucome est une maladie insidieuse , indolore  et cécitante 
 

la conclusion d'une telle observation  non exceptionnelle est que pour Grégoire  la perte de chance est de 25 ans qui correspond au retard de diagnostic. pendant ces 25 ans l'opticien a vendu 4 ou 5 paires de lunettes.   



 pour terminer je vous laisse le choix entre 2 liens musicaux pour illustrer ce qui précède 
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mercredi 5 novembre 2014

alerte presse du SNOF


Alerte presse du 05/11/2014
Rapport Ferrand / Emmanuel Macron / Santé / Ophtalmologie Loi «Croissance et pouvoir d’achat»

Les ophtalmologistes de France, perplexes face aux conclusions controversées du rapport Ferrand, demandent une clarification d’urgence par Matignon
Jean-Bernard Rottier, Président du SNOF : 
« Nous remercions Rémi Ferrand de rappeler, dans son rapport, les deux écueils majeurs de l’optométrie : la confusion entre prescription et vente d’une part, et l’absence de formation médicale d’autre part. Dans ces conditions, comment peut-on envisager un seul instant que l’optométrie puisse représenter une solution à l’urgence sanitaire ? »
Le rapport Ferrand sur les professions réglementées contredit les garanties apportées le mois dernier par le gouvernement concernant l’avenir du système de soins oculaires. Le sujet devait être traité au travers du plan de filière de Marisol Touraine, Ministre de la Santé, privilégiant les coopérations entre ophtalmologistes et orthoptistes. Commandé par Matignon seulement 4 jours après l’arbitrage en faveur du Ministère de la Santé, lequel a encore été réaffirmé le 10 octobre par le cabinet Macron à des représentants des ophtalmologistes, le rapport Ferrand entretient l’amalgame entre consommation et santé publique. Préoccupé, le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF) demande à être reçu d’urgence par le Premier Ministre Manuel Valls, afin que ce dernier clarifie la position du gouvernement.
En voulant défendre la création d’une nouvelle profession, le rapport Ferrand pointe, en filigrane, les deux faiblesses majeures de l’optométrie :
-  La confusion entre prescription et vente est inhérente au modèle de l’optométriste. Le Dr Jean-Bernard Rottier, président du SNOF, rappelle : « Nous avons pointé cette imposture depuis le début du projet de loi Macron, qui voudrait que l’on confie à des opticiens la possibilité de prescrire eux-mêmes les équipements qu’ils vendent. La survente de lunettes n’apporte rien aux patients ».
-  Les optométristes français n’effectuent aucun stage clinique ni ne suivent de formation médicale pour obtenir leur diplôme. Ils sont donc inaptes à réaliser du dépistage de pathologies. « Si l’on veut confier un rôle aux optométristes dans la chaîne de soins, il faudra au moins 3 ans pour refondre leur cursus et attendre que les nouveaux diplômés sortent de l’école. Ensuite il faudra encore 2 ans pour établir des protocoles de délégation supervisés par la HAS et mener les expérimentations de terrain. Cela suppose que les « nouveaux optométristes » ne pourraient être opérationnels qu’au plus tôt en 2020 », indique le Dr. Rottier. « On voit mal comment ces professionnels de santé en devenir pourraient répondre à l’urgence actuelle. D’autant que les écoles d’orthoptie sont déjà à l’œuvre, avec une capacité de formation qui est passée ces dernières années à 300 orthoptistes par an, un chiffre largement suffisant pour répondre aux besoins de délégation de la filière. Pourquoi promouvoir la création conflictuelle d’une nouvelle profession, alors qu’une solution consensuelle et éprouvée existe déjà ? » s’interroge le Dr. Rottier.
En outre, ce rapport ne fait que paraphraser celui de l’Inspection Générale des Finances : il n’apporte aucun élément nouveau, ni projection, ni étude d’impact. Pour l’Académie Française d’Ophtalmologie, le rapport Ferrand fait l’effet d’un texte à trous :
«  Ce rapport laisse dans l’ombre des parties importantes du processus de mise en place de la loi Macron, remarque le Dr. Thierry Bour, Secrétaire de l’Académie d’Ophtalmologie. En effet, quelles indications  avons-nous sur la manière d’organiser la réingénierie de la formation d’optométriste ? Comment assurer que ces derniers s’installent dans les régions désertées ? Et surtout, que deviendraient les 4 000 orthoptistes de France, si on confie demain leurs attributions aux optométristes ? »
A ce jour, la délégation de tâches à un orthoptiste sous contrôle de l’ophtalmologiste est la seule solution permettant de réduire les délais d’attente tout en garantissant aux Français un parcours de soins sécurisé.
Le Dr. Bour conclut : « Visiblement la santé des Français n’est pas à l’ordre du jour. M. Ferrand ne s’en cache pas : lorsque sont évoqués les objectifs poursuivis par la reconnaissance de l’optométrie, dans l’annexe 3 du rapport, la case « assurer la sécurité sanitaire » n’est pas cochée. Par ailleurs M. Ferrand prétend avoir rencontré les professions concernées et toutes les parties prenantes, or ni le SNOF ni l’AFO n’ont été consultés, ni même contactés. Sur 70 auditions menées, pas un seul représentant des ophtalmologistes. On ne peut construire l’avenir de la filière en faisant fi de l’intérêt supérieur des patients. »

dimanche 26 octobre 2014

savoir se vendre ; vendre son âme


Vous qui passez ici patients, médecins, aurez du mal à imaginer la diversité de l'ophtalmologie, persuadés que vous êtes que notre spécialité se résume aux lunettes ou à l'opération de la cataracte, avec un léger saupoudrage de pathologie histoire de justifier 10 -13 ans d'études de médecine.
Nous avons déjà abordé la question lors d'un échange avec docteur V et j'en avais parlé dans un post ancien au début de ce blog
Les lunettes sont  un casus belli au sein même de la spécialité :
devons nous continuer à "faire des lunettes", seuls ou aidés par des orthoptistes  salariés, ou au contraire devons nous mépriser/ refuser les demandes de lunettes, abandonner le terrain aux opticiens ou aux opto, afin de nous concentrer sur les parties "nobles" de notre métier : la Pathologie  et la Chirurgie avec plein de majuscules partout ?
De là découle une autre question peut être plus aiguë chez nous que dans les autres spécialités ; elle nous divise encore plus : sommes nous d'abord des médecins- chirurgiens ou d'abord des entrepreneurs ?  

Je n'avais pas très envie de revenir sur l'aspect lunettes de notre profession ; c'est un moyen très sûr de se fâcher avec ses vieux amis... heureusement, rares sont ceux qui passent ici me lire, trop occupés, m'ont ils dit, à prescrire les lunettes des patients qui n'ont pas obtenu de RDV chez moi ! 
Lors d'une de nos rencontres, je m'étonnais d'avoir peu de  consultations lunettes (et je regrettais mon faible taux de Kévin(s ) : un de ces vieux amis m'a rétorqué : "c'est parce que c'est nous qui voyons tes lunettes ".
Si j'avais voulu que les glaçons continuent à tomber entre nous,  j'aurais rétorqué que moi, je voyais les urgences qu'ils avaient refusées ou qui n'avaient pu se manifester auprès de leurs secrétariats injoignables. J'ai juste répété qu'au contraire, j'aimais "faire des lunettes", mais que lorsqu'il n'existe qu'un RDV libre dans une journée, celui ci est donné prioritairement à une urgence,  surtout si de son côté,  le candidat aux lunettes rebuté par nos délais montés en épingle, n'a même pas essayé de me joindre.
Autrement dit, j'apprécierais qu'on ne me reproche pas d'avoir refusé un RDV qui ne m'a pas été demandé.
 (j'en avais déjà parlé là)


L'autre grande question concernant notre spécialité  : "l'ophtalmologiste médecin, entrepreneur, ou les deux ?" déchaîne une guerre bien plus violente, même quand les propos restent feutrés. 
La réponse fréquente "consensuelle" et politiquement correcte est : "les deux à la fois" en disant  que la balance penche nettement vers la médecine, c'est mieux pour notre image... C'est bien, on ne vexe personne, on évite les conflits jeunes-vieux, S1-S2, aidés-isolés...
Il arrive néanmoins, souvent à l'occasion d'une discussion sur les lunettes,  que la hache de guerre soit déterrée et que chacun s'enflamme, prêt à lancer des horreurs au camp d'en face.    
La priorité d'un médecin est de soigner. Est ce que les supermarchés lunettes qui refusent les enfants, éloignent les personnes âgées porteuses de pathologies lourdes(prise de tête et bouffeuses de temps) pour se concentrer sur les lunettes et les lentilles font de la médecine malgré ce "tri sélectif "? 
Est ce que ceux qui se permettent une publicité sur leurs délais courts, moyennant 60 personnes par journée de consultation et par médecin, font de la médecine ?   
  J'ai déjà répondu à ces questions. Je suis d'abord médecin et en tant que tel je fais de mon mieux pour répondre à la demande des patients qui me font confiance. Je me refuse à faire ce "tri sélectif" qui consiste à  privilégier Kévin versus Léontine
Comme travailleur libéral, je suis aussi entrepreneur  puisque j'emploie des salariés, puisque je dois en permanence veiller à l'équilibre de mes comptes, mais je ne le suis pas puisque je n'ai pas à reverser mes bénéfices à des actionnaires.
Bien des voix s'élèvent pour nous pousser à nous regrouper ou pour suggérer aux plus vieux d'entre nous d'intégrer des structures capitalistes  à quelques années de nos retraites sans successeurs. *
 N'insistez pas,  j'ai parfaitement intégré le mythe de Faust : je ne suis qu'un vieux con atrabilaire, je n'ai pas l'intention de signer le parchemin, de vendre mon âme. Car même si j'ai de sérieux  doutes quant à l'au delà, je veux pouvoir continuer dans cette vie là,  à me regarder dans la glace tous les  matins en me rasant.


(photo Basile Segalen)



*(Rapidement au sujet de nos retraites sans successeurs, je suis de plus en plus "agacé" par mes propres amis et membres de ma famille qui refusent de croire que je vais un jour déplaquer sans successeur : non seulement ils ne me croient pas alors que j'en parle depuis 10 ans, mais ils se permettent d'ajouter égoïstement : "et comment on va faire NOUS ?")

PS j'allais rarement sur le blog du Docteur Sachs junior (ben j'avais tort)  et je découvre ce post  je vous laisse réfléchir au rapport avec ce qui précède.Il est rare mais ça arrive que je passe 50 minutes avec un patient .Pour un médecin  de supermarché à 60 patients/jour cette attitude serait  une incongruité ou un motif de renvoi.

lundi 28 juillet 2014

la lutte, eh oui, toujours ...


La #BaguetteNantis reflet de ma colère de médecin est née le 1er septembre 2012 date du 1er envoi (quoitidien) à mme la ministre Marisol Touraine sur les réseaux sociaux.




Il est temps de faire une petite mise à jour de l'article  "la lutte continue" 

histoire de renouveler la #Baguette envoyée quotidiennement sur les réseaux sociaux et sur le compte FB de mst.
Le plus difficile pour moi est de passer sur sa page FB et de lire ses messages d'auto satisfaction  !  
Les mensonges se sont accumulés. J'ai beaucoup de mal à rester modéré dans  cette ambiance d'insultes médiatiques quasi quotidiennes depuis 2 ans  envers les médecins et les professions de santé.
Un petit rappel rapide : (encore !)

- "Oh les vilains médecins qui font des dépassements d'honoraires"
prenant l'exemple de quelques pontes parisiens la ministre a décidé de mettre fin à tous les honoraires secteur 2 y compris à l'hôpital. Elle a juste oublié de préciser que les honoraires de base (S1) n'ont pas été réévalués depuis  plus de 10 ans, qu'ils sont les plus bas en Europe et que certains actes ont été décotés.
-"le renoncement aux soins, particulièrement en optique serait du aux honoraires S2 ".  mst s'offrirait elle un amalgame  de "café du commerce"  ? confond elle ophtalmologiste et opticien ? 
-"le renoncement aux soins à cause de l'impossibilité pour certains d'avancer les honoraires des médecins" qui aboutit au super casus belli : le TPG
-Le contrat d'accès aux soins  qu'avec la complicité des syndicats  on a voulu vendre de force aux médecins S2. Déjà on envisage de sanctionner même les honoraires  S2 "restés dans les clous".

                           -Il parait que nous  sommes des  corporatistes nantis  (mais voilà, moi je  n'autorise pas un politique assujetti à l'ISF à me traiter de nanti)


                           -Nous sommes  aussi vendus  aux laboratoires et sélectionnerions nos patients sur leur possibilité de régler leurs consultations.
                          -il y a eu récemment les insultes de mme lemorton contre la médecine libérale  lors d'une émission sur RMC et aussi à l'assemblée nationale . 

 Je découvre ce matin ce post  sur le blog Cris et chuchotements de ML
et j'ai estimé qu'il était important d'amplifier le message contenu pour vous changer un brin de ma prose.
Donc je vous invite à  y aller d'urgence et à le diffuser.
Plaidoyer pour du respect 


Construit sur l'anaphore suivante : "je supporte de moins en moins les donneurs de leçons", ce billet est long mais complet, et  cette longueur est nécessaire pour tordre le cou aux idées reçues largement diffusées par les médias et la sinistre ministre. 

Faire un résumé de ce post serait l'amoindrir, il est préférable de le lire en direct .
Nous avons la même colère le même parcours le même âge.
-marre d'entendre dire ou de lire que nos études ont été financées par la société
-marre de craindre non pas la maladie mais les modifications de mon planning que la maladie entraine,
marre de devoir caser mes interventions chirurgicales sur mes vacances, de devoir me trainer au travail quand un lumbago m'empêche de m'habiller tout seul.
-Marre de télétransmettre et de constater que le bandit qui gère ma télétransmission a augmenté ses tarifs de 3€ /mois* (demandez vous ce que vous feriez si votre opérateur téléphonique vous faisait la même chose) et on nous a imposé la télétransmission.
Pensez à ça quand vous passez une carte vitale : ne voyez vous pas que vous n'êtes ni plus ni moins qu'un employé de la sécu qui paye la machine et l'entretien de la machine qui permet à la sécu d'économiser un emploi ? 
et souvenez vous jusqu'au mot d'ordre contraire : plus de télétransmission le mardi **  Arrêt de la télétransmission  depuis le 30 septembre 2014+++




 La marche suivante sera le tiers payant généralisé TPG (mesure phare de mst pour redorer le blason socialiste,"pour faire social quoi !"

Ce que cache le TPG c'est suivant le point de vue politique soit une forme de fonctionnarisation de la médecine (mais sans les avantages du salariat) soit une vente de la médecine aux mutuelles. Et qui dit mutuelles dit financiers et actionnaires.
C'est ce qui fait que des médecins d'horizons politiques très différents se retrouvent dans le refus du TPG.
 
-marre de l'augmentation des contraintes de toutes sortes : si l'accessibilité aux handicapés est une chose importante, les normes débiles imposées sont insupportables et irréalisables dans les édifices anciens . (par exemple 2 fauteuils roulants devraient pouvoir se croiser de front dans les couloirs)




Dans ces conditions nous sommes nombreux, médecins, soignants,  toutes tendances confondues à envisager de déplaquer, de passer en salariat,de partir à l'étranger ou de nous déconventionner
Il va bientôt falloir nous compter, et si nous devenons de plus en plus visibles il va falloir compter avec nous.

La #BaguetteNantis envoyée chaque jour sur le net n'est qu'une petite pierre lancée sur les certitudes d'énarques ou de journalistes bornés. Elle n'est qu'un  petit moyen d'appeler à la révolte. Je n'ai pas les notions de communication des hommes politiques. Je ne suis qu'un lanceur d'alerte (encore) libre.  

   
Que ceux qui relaient ce message limite obsessionnel de la #BaguetteNantis  sur la toile, et que  tous ceux qui oeuvrent à l'UFML pour l'honneur de la médecine soient assurés de ma reconnaissance. 
Il faut que nous soyons nombreux, très nombreux à pousser dans le même sens pour faire bouger les marques.

 D'abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, puis ils vous combattent ...à la fin vous gagnez...
 (citation attribuée à Gandhi)



* mise à jour mai 2015 augmentation de 6€/mois !
** mise à jour mai 2015  le mot d'ordre est  stop télétransmission ! (sauf CMU AME et cas particuliers : TP "social")

dimanche 15 juin 2014

partir ?

La semaine a été dense même si je n'étais pas très présent à mon cabinet.
Il se trouve que même quand je suis hors de mon cabinet, j'y travaille autant, par exemple, il y a longtemps que j'ai renoncé à traverser ma ville à pied.
La Table se remplit et ne se vide plus : le courrier est en retard et je ne cherche plus à y mettre bon ordre, les chèques attendent d'aller chez le banquier, seules les factures sont immédiatement honorées.
Parti vers d'autres aventures, j'ai découvert le point final de mon ami Genou des Alpages et je n'ai pu le lire tranquillement que quelques heures après.
Ce post, outre la tristesse de voir s'éloigner un ami, ouvre chez moi une blessure que j'imaginais maitrisée.
Depuis longtemps, j'attendais que quelqu'un écrive ce type de billet qui fait bien mal partout.
Je le vois comme un constat d'échec et comme un écho à mon propre échec et à ma motivation en chute libre.

"On peut certes, se dire que l'on est dans la m...au même titre que la plupart des français qui peinent à boucler leur budget, mais lorsque le manque de moyens commence à peser sur la qualité des soins produite, lorsque, quelles que soient les hypothèses de développement du système sanitaire, l'avenir parait sans issue, le sentiment intime de faillite personnelle est difficile à éviter. On doit se rendre à l'évidence : Cette pratique de la médecine générale telle que j'ai cru pouvoir la développer, est vouée à l'échec dans les conditions actuelles.
Ou plus exactement et plus honnêtement : moi-même, je n'y suis pas arrivé. Ce qui ne signifie peut-être pas que d'autres n'y arriveront pas...

Plus encore que l'indigence du niveau des honoraires médicaux et les difficultés financières afférentes, les insultes, le mépris, la haine que les décideurs, les caisses, la presse, les administrations développent à l'égard du médecin libéral que je suis ont fini par saper ma motivation(...)
Peut-être est-il préférable de ne plus chercher à faire valoir un modèle que le pays ne souhaite pas, même si l'on est persuadé de sa validité. On n'a pas raison contre la majorité"

Je lis et relis Genou et je m'en veux de n'avoir pas eu le même courage de déplaquer, de partir en ville, ou de passer les examens pour devenir PH temps plein.
Genou me montre que je vais vivre les prochaines années enchainé à ma lampe à fente, sous les reproches de mes patients et de mes confrères à la moindre absence, même si c'est pour un congrès. 
Le : "vous étiez en vacances ?"  avec un faux sourire complice, me fait voir rouge).
 Mon emploi du temps est probablement  plus léger que celui d'un MG ; nul  médecin n'est indispensable et un ophtalmo sans doute encore moins (puisqu'il n'intervient qu'exceptionnellement  sur des urgences vitales), mais, tant qu'il me restera 2 yeux pour examiner mes patients,  deux mains pour manipuler les verres (et aussi un morceau de cerveau), il se trouvera toujours quelqu'un pour me reprocher de ne pas être dans mon cabinet à consulter. 
Je me trouve face à ce paradoxe effroyable d'être toujours aussi fou amoureux de mon métier, d'être insatiable quant aux enseignements, et de partir chaque jour au travail en trainant les pieds (vers ma voiture, puisque la marche à pied est exclue).
Récemment, j'ai failli virer tous les patients de ma salle d'attente parce qu'un diabétique avait osé me demander poliment  de lui appliquer le tiers payant me citant en exemple  son vertueux MG et son cardiologue. Il n'avait pas de problèmes d'argent, il a d'ailleurs refusé  ma proposition d'encaissement différé des 40€ sans dépassement de la consultation, juste "il y avait droit".
Je me suis dit que si j'avais pu demander 60 ou 80€ pour cette consultation il n'aurait jamais osé ...
Je sais me maitriser mais j'avoue avoir eu ce flash : je les virais tous sans pitié à coups de pied aux fesses et sans explications.
DEHORS ! CASSEZ VOUS !

J'envoie la #BaguetteNantis machinalement tous les jours : ça ne sert pas à grand chose, j'en suis bien conscient, malgré les amis qui la diffusent fidèlement à ma suite sur les réseaux sociaux.
 L'UFML est un espoir, le seul à mon avis, mais nous sommes encore si peu nombreux, si individualistes, si divisés.
A titre personnel, je me suis bien sûr posé la question du burn out : je l'ai évacué d'un revers de main, je suis peut être un nanti, (à vous de juger) mais je n'ai pas les moyens de faire un burn out ... alors si vous le voulez bien, on oublie !...

Et puis j'ai regardé ces publications du SNOF qui concernent les avancées de la chirurgie de la cataracte, les retombées économiques de cette chirurgie et les honoraires des ophtalmos S1

 


et je pose deux questions :

1/ faut il que la cotation de la cataracte baisse pour que les chirurgiens prennent conscience que la stagnation de nos honoraires est une régression ?

2/ les ophtalmologistes S1 seraient pénalisés (sans blague !!!) ... dans ces conditions, et vu que je suis une brèle en stats, est ce qu'on peut me dire  si les stats qui donnent des honoraires croissants pour les ophtalmologistes sont fausses ou est ce que les S2 " enrichissent" les stats ?  
Je me sens vieux et fatigué ...quand je serai vraiment vieux et malade, j'aurai droit à une médecine qui ressemblera à ça  :
Oui Genou tu as raison de sauver ta peau et celle de ta famille, méprise ceux qui te traiteront de lâche, ou qui parleront d'abandon. C'est l'inverse : nous avons été abandonnés  lâchés par ceux qui auraient du nous défendre, méprisés par les ministres  voire par nos confrères heureux de leur sort,  et insultés par les journalistes et bientôt par nos patients .  
J'enrage d'être incapable ou trop vieux pour faire pareil.
Je te souhaite une longue et belle route, l'ami.
Pour finir sur une note plus gaie, et pour vous rassurer sur mon état mental, outre un entourage familial (et amical) harmonieux, il y a  
cette petite chose sans nom qui vient partager le territoire de Zigmund-chat et vadrouille joyeusement sur mon clavier.





lundi 12 mai 2014

Cent vingtième congrès de la SFO


Après plusieurs années d'installation, le congrès de la société française d'ophtalmologie (SFO)reste  pour moi un moment important. Ces jours sont cochés d'une année sur l'autre dans mon calendrier perso.
Je me souviens de mon premier congrès, juste après mon installation, je me souviens de mon enthousiasme, j'étais fier d'entrer, tout petit, dans la cour des grands, et heureux, tout simplement.
Je me souviens qu'il m'a fallu ensuite trois ans pour pouvoir y revenir, après une période très sombre.
Le charme du début avait été rompu : j'étais là,  mais pas tout à fait,  je perdais du temps en ballades sur les stands, discussions, ou  séances de cinéma au lieu  d'aller écouter les conférences.
Et puis, il y a eu ce rendez vous donné à Gabrielle lors d'une SFO, en plein week end électoral de (présidentielles)... où à peine arrivé porte Maillot,  je suis reparti avec elle.(*) Ce congrès là est plein de beaux souvenirs qui n'ont strictement rien à voir avec l'ophtalmologie.
Dans les années qui ont suivi, je suis devenu beaucoup plus studieux, en gardant le minimum de temps de pauses pour étudier au maximum. 
Je n'ai pas oublié non plus le soutien d'amis  virtuels lors d'un coup dur à la fin d'un congrès il y a deux ans.

Me voilà donc encore cette année en totale immersion ophtalmologique dans ce palais en béton : le temps est rythmé par la recherche de la prochaine salle de conférence,  la cohue autour des buffets, la difficulté à traverser la foule  pour aller d'un point à un autre, sans oublier les salutations d'usage aux amis, confrères rencontrés au cours de la progression laborieuse vers la communication convoitée.
Petite innovation cette année :  mes choix se sont portés sur la neuro ophtalmologie et l'ophtalmo pédiatrie. 
J'aurais voulu assister à la réunion du SNOF  sur l'avenir de la profession,  mais j'ai égoïstement choisi d'écouter les conférences purement  médicales.
J'ai appris néanmoins par les confrères présents à cette réunion que la #BaguetteNantis a de beaux jours devant elle puisque la revalorisation des honoraires médicaux c'est niet nada circulez il n'y a rien à voir.
Mais comme je suis moi aussi du genre obstiné, je continuerai à l'envoyer quotidiennement sur tw gg et fb.*
J'ai vu aussi que le "pourfendeur de délais de RDV" dispose d'une plage horaire pour expliquer son concepqui  me "sort par les yeux". 
  
Dans la soirée, nous nous retrouvons pour la réception au Pavillon d'Armenonville autour d'un superbe buffet. C'est le moment pour nous de reprendre les discussions avec les confrères, de retrouver les amis et de se détendre dans un cadre agréable.
La moitié du congrès est déjà passée.Il faut tenir la distance... donc dormir serait une bonne idée...
 

   




* Gabrielle, bien sûr,  pas la porte ! 
**certains s'étonnent  régulièrement de ma constance et de mon acharnement sur le sujet : des honoraires non revalorisés depuis 10,  15 ou 17 ans c'est tout simplement une injustice grave. Je n'arrive pas à la cheville du grand homme qui me sert de modèle dans cette lutte. 
Je ne voudrais pas choquer en utilisant ce parallèle  osé  qui suit : si vous regardez le film "Gandhi "  au début Gandhi et ses partisans décident de brûler les laisser-passer infamants que la loi sud africaine leur impose de présenter à tout moment. Alors que les policiers les frappent pour les en empêcher, et à chaque coup reçu, c'est un laisser passer supplémentaire qui part au feu, et  même quand Gandhi est à terre il trouve la force de déposer un dernier papier avant d'être emmené. 
C'est cette image  d'un acharnement exemplaire, d'une lutte sans faiblesse  contre une injustice (bien plus grave que celle faite aux médecins) qui me pousse depuis 2 ans à envoyer quotidiennement la #BaguetteNantis  sur les réseaux sociaux.
   
PS connexion légèrement capricieuse donc réponses tardives à vos commentaires et visites éclair type sous marin sur les blogs des amis/es