dimanche 27 septembre 2009

Grave et non transpositeur

 basson 

26 septembre 2009 Ecrit pour le défi du samedi


Grave et non transpositeur… (Zigmund)

Je suis beau,  grand, sombre et rare, à tel point que je  soupçonne   Zigmund, mon maitre de m’avoir  choisi, plus pour flatter son ego, que par véritable amour. Déjà quand il m’a acheté à Edwige, une vraie professionnelle,  il a avoué sans honte qu’il travaillait peu, qu’il était flemmard, et que finalement il allait m’offrir une belle retraite…
Passent les jours et les semaines où je reste puni,  enfermé dans ma boite. Parfois, il me sort de ma prison, et prend le temps de me monter : grande branche, petite branche sont insérés dans  le morceau inférieur, puis installation du bocal et du pavillon. Quand tout est prêt, il me fixe au collier,  pose  une  l’anche  amoureusement choisie  dans une boite, après  en avoir tiré un son hideux aigu qui fait sursauter tout le monde (il dit que c’est son moyen personnel de savoir  si l’anche lui convient).
Parfois il me regarde avec un air coupable et  caresse en rêvant  mes clefs couleur d’argent  et mon corps  de palissandre. Coupable il l’est, c’est une évidence, il n’en fout pas une ramée et quand arrive le jour de son cours,  il trouve des excuses toujours différentes  pour justifier son niveau lamentable  auprès de son professeur consterné.
De nos vingt ans de  vie commune, je garde, néanmoins  quelques bons souvenirs : quand il a arrêté de fumer, plutôt de s’exciter sur un punching ball, il s’est mis à travailler à chaque fois qu’il avait envie d’une clope… (Et il était souvent en manque !) Et puis cette promesse  toujours tenue, de ne jamais m’abandonner dans une voiture… du coup, il m’emmenait partout avec lui, même sur les plages naturistes de Bretagne.
Le temps a passé, je trône, unique dans l’orchestre, à l’extrême gauche le plus souvent, proche de mes copains les violoncelles qui doublent ma partition pour camoufler les couacs de Zigmund. Vous  verriez comme il se pavane, quand il  entre dans la salle de concert, en me tenant  comme un fusil sur son épaule, et qu’il  rejoint son pupitre*, fier** devant les spectateurs (lesquels chuchotent : « c’est quoi cet instrument ? »)…pourtant il devrait avoir honte, tout juste capable d’aligner quelques noires, s’étouffant à la moindre série de doubles croches, et prêt à m’accuser de ses nombreux canards.

bassoon

On ne me verra plus jamais briller dans Pierre et le Loup (dans le rôle du grand père), ni dans l’apprenti sorcier, et encore moins dans le concerto de Vivaldi, néanmoins, ce piètre musicien a tenu sa promesse de retraite calme et finalement heureuse,  je sers de   camouflage aux chats sur le fauteuil du salon où j’aime à intriguer les visiteurs en attendant qu’il se décide à travailler.

  (* « Pupitre fait de la résistance »
** « fier comme un petit banc »,
sont les calembours préférés de mon maitre)

mercredi 23 septembre 2009

anges et démons


23 Septembre 2009 , Rédigé par Zigmund

Petit préambule : J'ai lancé un mini défi à Berthoise   : peut on faire des choses gaies avec du gris ?
 j'ai ajouté que le temps allait me manquer pour répondre moi même à la question. et voilà qu'en venant publier cet article qui somnole depuis quelques jours, je m'aperçois que la plupart des photos qui l'illustrent sont à dominante grise.
Ceci est donc ma réponse , le gris peut être festif .
Une nouvelle fois, peut être la dernière, c'est la folie dans la ville, sur le thème anges et démons.
Dans la cour du musée une tapette à humains...




Sur la place en travaux ("un tramway nommé désir") une voiture diabolique,

ailleurs, des déjections de démons et des sorties de dragons





Dans la ville, on se presse pour assister aux spectacles de rue, partout on mobilise pour l'un ou l'autre camp il faut choisir !
Une rue est parsemée des affiches des moments forts des dix ans écoulés, déjà la nostalgie ?...






Le soir, nous est offert un  spectacle grandiose, sur une musique superbe, des anges survolent la place et lâchent des tonnes de plumes blanches, toutes douces.
 Je n'exagère pas : il y a eu 2 à 3 tonnes lancées, comme une tempête de neige, comme un feu d'artifice,et  çà se termine par une belle bataille de plumes, pacifique et bon enfant ; on rentre de là avec des tas de  petites lumières au fond des yeux et des plumes plein les poches et sur les vêtements.


             Le lendemain, après le grand pique nique,(dans la rue la plus bourgeoise de la ville) tout le monde se retrouve pour le spectacle final. Les démons ont pris le dessus, et ne font pas les choses à moitié. Dans le public, quelques uns  sont étonnés ou carrément choqués, les religieux crient au scandale depuis la veille.(faut dire que les démons ne se sont pas gênés pour évoquer la luxure et entraîner la foule dans un semblant de sabbat autour d'un feu de palettes et bien pire encore).
 Ainsi, ce qui  était permis au moyen âge lors de la fête des fous ne serait plus de mise ?
Pourtant si les démons gagnent il faut bien montrer ce qu'ils savent faire !
Le propre des démons c'est de ne pas faire dans la dentelle. Faut assumer...


A titre personnel, j'ai de loin préféré ce "blasphème" un peu limite, et parfois "lourd" au spectacle de clôture de l'année dernière, plat et prétentieux.
Je n'ai pas pris le temps de suivre  la polémique engendrée par ce final iconoclaste. Comme beaucoup, j'ai pris plaisir à ces deux jours de folie et en plus, je peux montrer( à Berthoise et Anthom    en particulier) quelques photos à dominante grise qui n'engendrent pas vraiment la mélancolie.
-
z

dimanche 20 septembre 2009

Avec beurre et presque sans reproche

 ( origine de l'image http://originedesmots.blogspot.fr/2015/09/compter-pour-du-beurre.html)
Voici la consigne #73 Une plaquette de beurre de 250 grammes a disparu du réfrigérateur de l'internat. L'enquête est confiée à Mademoiselle Aufray, l'intendante. Cette semaine, à titre expérimental, vous devrez vous trouver un sponsor* si vous voulez conserver l'opportunité d'être édité(e) le samedi 19 septembre. Envoyez vos textes à samedidefi@hotmail.fr, on vous écrira. * Si vous en aviez plusieurs, vous pourriez rêver** à l'édition de luxe... ** Le rêve n'est-il pas le compagnon de l'écrivain ?